Au moins ne pourra t-on pas reprocher à Justin Kurzel de manquer de personnalité. A ce titre, les expérimentations visuelles du bonhomme font parfois leur effet, notamment son travail sur le rouge et le jaune, donnant parfois au film une puissance et une allure hypnotique du plus bel effet. Dommage, en revanche, qu'il se laisse aller à plusieurs reprises aux effets suresthétisants, notamment à travers des ralentis bien dispensables rappelant presque ceux de « 300 ». Pour le reste, on connaît l'histoire, dont cette adaptation s'avère une transposition fidèle : il y a donc parfois un certain panache et une noirceur certaine, la plume de Shakespeare amenant forcément quelques répliques et réflexions brillantes...
Malgré tout, je reste peu convaincu par ce refus de moderniser l'auteur au XXIème siècle : le théâtre reste le théâtre, le cinéma le cinéma. Alors je le redis : au moins dans la forme Kurzel s'est donné la peine de rendre tout cela un tant soit peu attrayant, mais ce qui est sans doute un régal sur scène ne l'est pas forcément sur grand écran, d'autant que la reconstitution est pour le moins minimaliste, aussi beau soit les paysages d'Ecosse... Heureusement, Michael Fassbender est un Macbeth de haute tenue, plutôt bien entouré par un casting anglais où seule notre Marion Cotillard fait assez tâche dans un rôle mythique visiblement trop grand pour elle. Et la fin, hallucinogène au possible, nous laisse sur une impression à peu près positive : je me suis moins ennuyé que prévu, et la démarche du réalisateur a de quoi être saluée à plusieurs égards, mais il serait peut-être temps de donner une bonne fois pour toutes un coup de jeune à l'auteur de « Roméo et Juliette » dans les salles obscures.