J'aime bien les films d'exploitations quand ils sont réussis. Je vais en citer deux que je trouve divertissant, pour donner des repères sur "mes goûts". Je suis bien conscient que la critique n'est pas sensée être une exposition des "goûts et des couleurs", mais j'ai plus envie d"enfoncer des portes ouvertes sur ce site. "not worthing it".



Exploitation Classics



2019 après la chute de New York, est un film d'exploitation que je trouve réussi. L'univers n'a aucun sens mais fonctionne sur sa propre logique : amalgamer des grands classiques du cinéma (Star Wars, et Escape From New York). Sa déplorable cinématographie permet à cet univers granguignolesque de garder sa cohérence, là où une cinématographie hautement qualitative m'aurait désengagé de l'expérience. L'oeuvre garde un certain sens de l'éclairage et du cadrage pour nous permettre de comprendre ce qui se passe à l'écran, même quand l'action est rapide. Le surjeu des acteurs est parfait, notamment Georges Easman dans un rôle euh... no spoiler here. L'histoire est débile mais les péripéties sont suffisamment variées et rythmées pour me faire traverser ce film sans jamais m'ennuyer.


Je donne 5/5, 10/10 ou 1/1, voir 100% à ce film d'exploitation.


Le Gladiateur du Futur, est un film d'exploitation que j'apprécie également. Lui aussi joue sur un amalgame (Running Man et Mad Max), mais son univers fonctionne sur sa propre logique. On retrouve ce surjeu efficace, cette cinématographie de merde, ces péripéties absurdes mais variées, ce rythme et ces scènes d'actions folles mais divertissantes. Oh, et cette violence graphique identitaire de ce "genre", et cette badasserie qu'amène Al Cliver, badasserie hélas absente de 2019 après la chute de New York.


Je met 4,5/5, 0,9/1, 9/10 voir 90% à ce film d'exploitation.


On me dit dans l'oreillette que mon système de notation est absurde. Va dire ça à mon frère mathématicien connard, va dire ça à mon père informaticien enfoiré, va dire ça à ma belle soeur experte comptable baletringue, va dire ça à mon oncle chercheur au CNRS trouduc, va dire ça à mon oncle vendeur d'articles nautique guignol, et va dire ça aux admins de senscritique camarade. ^^


bam! tchack tchak boom!


Et si tu aimes tellement les chiffres, je t'invite à voter pour miss france et à noter ta mère sur 10. Je viens de mettre en exèrgue un paradoxe. On ne peut pas noter notre mère sur 10, car une note c'est cartésien/scientifique/mathématique/logique, ce qui n'est pas le cas de notre relation avec notre maman ou notre visionnage d'un film.


1+1=2. Encore une porte ouverte d'enfoncée, yeah man, on se refait pas !



Fallacieux Paradoxe



Machete affronte le problème susnommé. Nombre de gens tiennent à mettre du cartésien (note) sur du ressenti (émotion). C'est paradoxale



Le paradoxe est le plus souvent un ensemble d’au minimum deux affirmations qui impliquent une tension conflictuelle entre elles, notamment lorsqu'elles semblent évidemment vraies.



ou fallacieux.



fallacieux \fa.la.sjø\



Qui est fondé sur un mensonge ou un faux.



Puisqu’il ne faut jamais mentir, alors il faut mentir de temps en temps : l’obligation d’être véridique à tout prix contraint à mentir quand la vérité elle-même est plus fallacieuse que le mensonge. — (Raphaël Enthoven, Le Mensonge, Philosophie Magazine no 20, novembre 2009)



Qui vise à tromper / Esprit fallacieux.



Ces jeunes filles fallacieuses nous firent faire une route bien étrange ; - il faut ajouter qu’il pleuvait. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854)



J'en veux pour preuve nombres de listes qui ne se basent que sur les notes. Elles sont toutes soit fallacieuses (pessimiste) soit paradoxales (optimiste). Avec ce genre de logique, on arrive à des résultats absurdes tel que



  • "GTA San Andreas : Numéro 1 des jeux de Street Culture". Et Pourquoi pas

  • "Hustler: Numéro 1 des magazines d'émancipation de la femme".


Juste pour information, David Belle, créateur du parkour (discipline sportive issue de la Street Culture) a été "mise en valeur" par Luc Besson dans "Banlieue 13". Voyez où je veux en venir ? XD


Pour garder les pieds sur terre, je pense qu'une grande majorité des enfants de notre belle planète mettrait 10/10 à sa mère, et pourtant, aucune des ces mères ne se valent. Elles sont différentes et nous ont toutes proposées une expérience émotionnelle unique. Posé sous la forme d'une équation, ça donne 10=/=10. It does not compute, comme le disait très justement l'ordinateur de Paul Guilbert dans "Let the computer decide", un morceau de musique assez difficile à déchiffrer (cartésien) assez difficile à apprécier (ressenti).



First we'll check every component inside out, next we'll compile all the datas, then we'll let the computer decide."



Paul Guilbert - Let the computer decide




Machete Concept



Le paradoxe de Machete est le suivant : c'est une parodie d'un genre (film d'exploitation) qui, lui-même, ne fonctionne que par son absence de crédibilité. Comment ajouter un layer "ridicule" à quelque chose qui ne fonctionne que par son ridicule ?


C'est un peu comme chercher à complexifier le level design d'un jeu comme Street Fighter, qui ne fonctionne que par l'extrême simplicité de son level design. Son level design est "parfaitement parfait" (taux de pureté : 100%) et il est paradoxale de chercher à l'altérer (cartésiennement parlant). C'est un peu comme chercher à ajouter une pâte (feuilleté, sablé, sucré etc) à un sandwich. Le sandwich dispose déjà d'une pâte (le pain), je ne pense pas qu'il soit possible de modifier la structure du sandwich sans endommager l'expérience (et là encore, je suis cartésien) mais peut-être me tompe-je (ma connaissance en cuisine à ses limites).


Pour revenir à notre sujet, Machete peut très vite tomber dans les travers de Scary Movie. Scary Movie qui, rappelons-le, cherche à parodier la parodie de Slasher qu'est Wes Craven's Scream. Scary Movie rajoute une pâte à tarte sur un sandwich, et de la plateforme dans street fighter, bref, c'est de la merde.


Je sais, c'est pas très fin comme analyse, mais comme dit plus haut, rappel-toi que tu es sur un site qui te demande de mettre du cartésien sur du ressenti, juste pour pouvoir publier une opinion argumentée, alors pourquoi pousser l'analyse plus loin ? Fallacieux ou Paradoxe, in both cases: "not worthing it".


La guignolerie internautique à ses limites que mon esprit cartésien ne peut ignorer.
Oh, et je suis un fan de Laborit (ressenti).



Fallacieux / Illusoire, sans fondement.



La sensation fallacieuse de liberté s’explique du fait que ce qui conditionne notre action est généralement du domaine de l’inconscient, et que par contre le discours logique est, lui, du domaine du conscient. — (Henri Laborit, Éloge de la fuite, 1976, Le Livre de poche, page 72)




Machete Performance



Là où Machete réussi, c'est là où Scary Movie échoue. Machete arrive à garder une certaine forme de "subtilité" (le mot est trop fort, je le sais, tu le sais, on le sais, nous le savons, ad nauseum) dans sa parodie d'un matériaux imparodiable. Par exemple: "le téléphone portable dans la chatte". Dans l'absolu c'est con, vulgaire, beauf et nul. Dans les faits c'est con, vulgaire, beauf et nul. Et pourtant, quand je découvre cette scène, je me dis "ça change du billet dans le soutif" ou "du flingue dans le porte-jaretelle". Pourquoi ? J'en sais rien, et je m'en fous (le cartésien, le ressenti, et ma mère en string si tu veux).


La plupart du film fonctionne sur du racisme, du sexisme, et de la violence, à outrance, et malgré ça, je me dis c'est quand même plus divertissant que GTA. Peut être parce que ça dure 2h (même pas), qu'on te demande pas de traverser une ville gigantesque pour rien, qu'on ne t'assomme pas dialogues interminables vides de propos, et qu'on te fais pas jouer à un shooter de merde pour t'infliger ça.


T'es juste là, devant ton écran, à voir Danny Trejo dans sa low riders sous hyrdaulics pendant well, moins de 5 minutes. T'es juste là, devant ton écran, à voir Michelle Rodriguez à moitié à poil à flinguer des "trucs" pendant well, moins de 5 minutes. T'es juste là, devant ton écran, à voir Robert de Niro "en roue libre" pendant well, moins de 20 minutes. Machete, c'est une énorme dose de connerie, mais qui ne cherche pas à insulter ton intelligence, où à challenger ta patience. "C'est con mais c'est court".


Le film est assez limité sur ses péripéties (cartésien), et pêche un peu sur son rythme (cartésien). Seulement globalement, je me suis pas fait chier (ressenti). J'ai même rigolé de choses que je trouve habituellement dégoutante (le gore). Belle performance de Rodriguez d'avoir réussi à captiver mon regard, là où tous les autres me l'ont fait détourner. Par exemple : "la scène à l'hôpital". C'est la première fois de ma vie que j'explose de rire devant un truc aussi trash. Peut être que j'ai trop joué à des jeux vidéos de merde depuis mon arrivé sur ce site, et que ça a sérieusement endommagé mon curseur de tolérance au "dégueulasse".



Bilan



Alors Machete c'est un film d'exploitation moyen, mais une parodie de film d'exploitation plutôt réussie (toutes proportions gardées), dans la mesure où cet exercice de style me semble presque impossible. J'ai appris récemment que l'équipe technique avait recréé le cul de Jessica Alba en CGI pour la scène de la douche. Comme quoi Robert sait faire la différence entre "snuff movie", et "film gore", comme quoi Robert commence "peut être" à faire la différence entre "oeuvre artistique" et "misogynie gratuite". Rien que pour ça, t'as tout mon respect gros.


Ah les culs en cgi...



La note est obligatoire pour publier une critique !



Le bot de SensCritique (qui me casse les couilles à chaque fois que je click sur "publier")


StandingFierce
7
Écrit par

Créée

le 23 oct. 2017

Critique lue 326 fois

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