ATTENTION: Spoiler
N’ayant jamais vu les autres films de la saga australienne de Georges Miller, j’ai néanmoins adoré “Mad Max: Fury Road”qui se déroule dans un cadre impressionnant. Tout est poussé à l’excès, du fanatisme des Wars Boys aux moyens qu’ils déploient dans leur pseudo-guerre, et nous sommes ainsi rapidement pris dans ce monde différent du notre, à première vue.
Georges Miller, ancien urgentiste marqué par les blessés qu’il a vu défilé dans l’exercice de sa profession, détruits à cause d’accidents de voiture, décide en 1979 de débuté un projet longtemps envisagé: Mad Max. De petit réalisateur avec seulement 400 000$ pour son premier film, Georges Miller devient mondialement connu au fil de ses créations, jusqu’à gagner, en 2016 , 6 Oscars pour “Mad Max Fury Road”. Avec un budget avoisinant les 150 millions de dollars, le réalisateur australien peut à nouveau réaliser un film comme il en rêve : "Je pense que tous les films devraient être muets. Toutes les informations devaient être visuelles. Le film a besoin de son, pas de parlotes."
Le son est justement un des éléments qui m’a fait aimé ce film et participe activement à garder un rythme soutenu, qui maintient l’attention du spectateur. La musique, très énergique, est présente dans presque l’entièreté du film, souvent en fond sonore mais aussi comme un élément à part entière auquel on prête attention. Le guitariste au devant d’une voiture qui motive les troupes en est un exemple, ainsi que des moments suspendus comme la tempête de sable ou la mort sacrificielle de Nux. Les coups portés pendant les affrontements sont aussi amplifiés, puisque frapper quelqu’un au visage ne surpasse normalement pas le bruit de 6 moteurs...
Les caméras bougent aussi tout le temps, pour nous donner l’impression de parcourir nous aussi, en voiture, le désert australien (en fait, tourné dans le désert de Namibie). La mort de Furiosa est peut-être un des seuls moments où un plan fixe est fait sur une personne, et on a donc beaucoup d’éléments nouveaux et surprenants qui entrent dans notre champ de vision, et qui prennent peut-être la place de ces plans.
Finalement, l’esthétique du film est marquée et parait être celle d’un autre monde. Les costumes détaillés offrent énormément de choses à voir et peuvent empêcher la monotonie parfois liée à l’omniprésence du désert. Que ce soit une femme recouverte de la tête au pied de tatouages précis et intriguants, l’armure étrangement transparente qui laisse apparaître les furoncles d’Immortan Joe ou le bijou de nez du Mangeur-d'Homme, l’univers de “Mad Max: Fury Road” est immensément riche. À cela s’ajoute les décors qui varient tout de même; d’une nuit bleue où volent quelques corbeaux à une tempête de sable qui fait voler les voitures de la citadelle.
“Mad Max:Fury Road” m’a donc marqué et ouvert la porte d’un univers singulier, s’éloignant des films d’actions d’espions ou de superhéros qui luttent contre le Mal, puisque Max, à l’inverse, l’a déjà incarné. Néanmoins, en luttant contre Immortan Joe, il s’oppose, encouragé quand même par Furiosa qui, elle, a un but, à un pouvoir totalitaire qui assouvit la population assoifée en agittant l’eau devant ses yeux. “Mad Max: Fury Road” est peut-être plus qu’un simple film vrombissant et plein de violence; un film politique ?