La première fois que j’ai vu Mad Max: Fury Road en 2015, j’y allais avec beaucoup d’a priori et le souvenir en tête des premiers volets. Je me rappelle m’être dit à la sortie du film : mais qu’est-ce que c’est que ça !? C’est quoi toutes ces couleurs ? C’est quoi cette chevauchée pleine de non-sens ? Pourquoi ils ont mis une femme ? Mad Max, c’est un truc de bonhomme : une voiture qui fait vroum, un canon scié, des méchants bodybuildés et des femmes en flashback. Ça respire la poussière et le gasoil !
Mais quelque temps après, c’est moi qui ai eu des flashbacks. J’ai revu des mecs se jeter de perches de dix mètres de haut avec des bombes argentées, une femme au crâne rasé avec un bras en moins, un méchant mutique et un harem de femmes sorti tout droit d’un catalogue Victoria’s Secret. Mais putain, Erwan, t’avais quel âge ? 60 ans ? Pour penser avec autant d’aigreur, fallait vraiment être en train de moisir de l’intérieur !?
Du coup, j’ai relancé le film. Et oui ! C’est pas le Mad Max d’avant, c’est autre chose, mais putain, j’étais tout excité. J’ai regardé ça avec les yeux d’un enfant de dix ans sur mon grand écran BenQ, avec une bière à la place du pop-corn. Et j’étais là, je criais « Valhalla ! » à chaque explosion, je voyais des morts-vivants jouer de la guitare électrique comme si c’était le concert de Metallica à Moscou. J’étais comme un fou ! Prêt à m’attacher à l’avant d’un camion de mon propre chef pour voir tout cela en 3D 4K, Furiosa à mes côtés, à armes égales, éclatant des fanatiques à la place de trois Aliens.
Parce que oui, les aigris, y a des gonzesses dans le film, Tom Hardy est un putain de maso BDSM, mais on aime ça ! On rêve de cette chevauchée fantastique sans être John Wayne. On veut un film d’action dopé aux amphétamines ! On veut voir des fanatiques se faire éclater, avec des femmes à nos côtés pour combattre plutôt que mortes dans le film.
Quand on repense que c’est le même réalisateur qui reprend la suite des milliards d’années après, on peut se dire que tout nos anciens n’ont pas la même nostalgie. C’est plaisant de voir un auteur amener son œuvre dans la modernité avec une aisance folle et autant d’énergie qu’un gamin qui ferait son premier pogo dans un concert punk ravagé.
Cette fois-ci, seigneur Humungus n’aurait pas trouvé qu’il y eût trop de sang versé.