Dernier film du réalisateur nippon, Mâdadayo est emblématique. Effectivement, cette œuvre raconte l’histoire d’un professeur à la retraite recevant chaque année ses élèves pour un discours. A la fin, sous forme de jeu, les anciens élèves lui demandent : « maadakai », « êtes-vous prêt ? », à quoi il répond immanquablement : Mâdadayo en levant son verre, ce qui veut dire « pas encore ». Le maître n’est pas encore prêt à mourir. Emblématique, ce film l’est parce qu’il s’agit du dernier film de Kurosawa qui mourra bientôt.
Loin de films épiques comme il a pu en réaliser, ce film met en scène des rapports simples entre les personnages, faits d’admiration, de respect. Les dialogues sont nombreux et finissent par être pesants. Mâdadayo traite des rapports de maître à disciples, mais l’histoire et les personnages peinent à toucher. Les dialogues sont une suite de rigolades qui ne fait rire que les acteurs, mais pas le spectateur qui ne se sent pas concerné. Les rires et les dialogues sont bien trop forcés et artificiels. Les séquences sont répétitives et deviennent vite ennuyeuses et fatigantes.
Kurosawa a traité avec bien plus de finesse et d’émotion le rapport à la mort dans son superbe film Vivre, l’œuvre qui m’a le plus touchée de toute sa filmographie. Cependant, ce film reste touchant car c’est en riant, à travers ses personnages, que Kurosawa prend congé de cette vie.