Autant le dire tout de suite, Akira Kurosawa signe avec Madadayo une dernière oeuvre assez faible, évoquant mollement la vie d'un Japonais professeur d'Allemand durant la Seconde Guerre mondiale puis l'après-guerre, se concentrant notamment sur les célébrations d'anniversaire.


Le génial cinéaste japonais s'intéresse ici au refus de mourir et la peur que cela engendre, lui qui a d'ailleurs 81 ans lorsqu'il met en scène le film. Cet aspect-là plane sur l'ensemble de l'oeuvre et semble même devenir obsessionnel mais malheureusement ça sonne souvent faux, en plus des quelques longueurs que l'on peut trouver. Il peine à nous immerger au cœur du récit, et ce malgré quelques instants de grâce et de mélancolie où l'on retrouve enfin le brillant cinéaste qui a notamment mis en scène le bouleversant Vivre.


C'est dans le portrait qu'il dresse de la vieillesse que Kurosawa déçoit, dépeignant ici un homme assez puéril, et ce avec un ton humoristique qu'il ne maîtrise pas (plus) vraiment, rendant même par moment Madadayo grotesque. Rappelant parfois Le Cercle des Poètes Disparus, l'oeuvre manque aussi de charme malgré un minimum de maîtrise technique et dans les plans par le cinéaste japonais, dirigeant d'ailleurs plutôt bien l'ensemble des comédiens et notamment les jeunes interprètes.


Akira Kurosawa met fin à sa fabuleuse et faste filmographie avec une oeuvre décevante, où on ne retrouve que trop rarement tout le talent du cinéaste japonais, tant Madadayo manque de justesse et lyrisme.


Un accident lui brisa la base de sa colonne vertébrale en 1995, l'empêchant d'assumer lui-même la réalisation de ses derniers scénarios (deux d’entre eux, Après la pluie et La mer regarde seront tournés après son décès). Son souhait de toujours, mourir sur le tournage d'un film, ne se réalisera donc jamais.


Comme Billy Wilder, il termine une immense carrière sur une fausse note mais il m'aura énormément marqué, et ce à travers de nombreux films à commencer par Ran, Barberousse, Vivre, Entre le Ciel et L'Enfer, Le Château de l'araignée ou encore Rashomon, qui aura été ma porte d'entrée dans son cinéma. Il m'en reste encore quelques uns à découvrir et ce sera toujours avec un immense plaisir et une grande attente que je plongerai dans son oeuvre.

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le 20 mars 2017

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Docteur_Jivago

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