Qu'est-ce qui fait l'intérêt essentiel du film? Le sujet de Flaubert ou la réalisation de Renoir? Pour ma part, je dirais que c'est Flaubert car la mise en scène de Renoir -au demeurant amputée de quelques séquences je crois- ne m'a pas semblé transcendante. Je lui préfère même celle de Chabrol, 60 ans plus tard, où la causticité de ce dernier en matière de peinture de la bourgeoisie de province m'a davantage séduit. Sans parler de la composition d'Isabelle Huppert en comparaison de celle de Valentine Tessier dans le rôle-titre.
Même si la composition de cette dernière n'est pas à rejeter, les canons dramatiques des années 30 sont encore un peu dans l'expressivité du cinéma muet et dans l'explicite. Renoir a le mérite de ne pas éluder le caractère "scandaleux" de l'héroïne de Flaubert, mauvaise épouse et mauvaise mère suivant certains principes, en évoquant notamment ses adultères et son insatisfaction de petite bourgeoise. Mais, en définitive, c'est Pierre Renoir dans le rôle de l'un peu fruste docteur Bovary, qui est le plus convaincant. D'autant que les seconds rôles, Homais ou Rodolphe pour ne citer qu'eux, sont fades et la thématique religion-matérialisme sans relief.
Et puis, il y a ce dénouement assez étrange et excessif, qui parait bien long et qui verse dans le pathétisme et dans une idée morale conventionnelle: le châtiment mérité. Cette conclusion n'est pas une grande réussite mais je reconnais que mes souvenirs de lecture sont trop vagues pour savoir si la fin du film est conforme à celle du roman.