Finalement, tout est question de dosage. D'esprit, aussi. Et ce film sait user des deux. La première heure est une comédie légère que la deuxième vient nuancer, avec l'arrivée de la guerre. Les choses se compliquent, et la veuve joyeuse du titre s'avère aussi une mère inconsolable. Les Juifs sont soumis à des persécutions, les jeunes soldats meurent et Londres devient une ville martyre sous les bombardements nazis. Mais le film n'en devient ni plombant ni larmoyant pour autant, car le personnage de Judi Dench conserve son extravagance un peu piquante et sa dent dure pas vraiment féroce. En face d'elle Bob Hoskins, sourcils froncés et narines dilatées, tient le cap, et le spectacle continue malgré les privations et la peur. Quant à l'esprit anglais, il réside dans cet usage si délicieux des litotes et autres understatements que nos voisins maîtrisent à la perfection et leur permettent d'égratigner leurs contemporains en toute politesse. Exquis. Bref, un petit film tout à fait recommandable, bien interprété, correctement ficelé, parfait pour un dimanche de pluie.