Première critique (2021) :
La sortie du nouveau Pedro Almodovar est toujours un petit événement, même si celui-ci n'est clairement pas le titre ayant eu le plus fort écho médiatique. Sur fond historique à travers un regard sur la guerre d'Espagne, « Madres paralelas » se révèle un mélodrame de belle facture, ni le plus puissant, ni le plus émouvant de son auteur, mais sachant, comme toujours, offrir des personnages marquants à travers ce duo remarquablement interprétée par Penélope Cruz et Milena Smit, dont l'alchimie à l'écran est évidente. Il y a une forme de beauté, d'élégance formelle, mais aussi dans l'écriture, les dialogues, permettant de transformer une histoire qui aurait pu rapidement sombrer dans le pathos en « amitié » puissante entre deux femmes liées par un secret qu'elles-même ignorent.
Pourtant, comme je l'écrivais précédemment, pas d'enthousiasme démesuré non plus. Avant un rebondissement assez fort, j'en étais presque à légèrement m'ennuyer devant un récit n'avançant que lentement, où l'on a l'impression que l'auteur de « Volver » ne sait trop où emmener son intrigue. Un bon film, donc, à l'image d'un thème musical « simple » mais d'une grande efficacité, de très belles actrices et de plusieurs moments retenant l'attention, sans retrouver la ferveur et la puissance dramatique des plus grandes œuvres du cinéaste.
Seconde critique (2024) :
Un peu moins bien que dans mon souvenir, « Madres Paralelas » est un film intéressant, parfois habile, offrant quelques scènes, situations, rebondissements plutôt intéressants, Pedro Almodóvar n'ayant plus à démontrer depuis longtemps son talent pour imaginer des personnages, notamment féminins, de grande qualité. Reste qu'on a déjà connu le cinéaste plus émouvant, ayant ici un peu de mal à nous captiver, à éviter certaines longueurs. Surtout, cette idée d'avoir voulu mêler mélodrame et réflexion historique n'est pas très probant à l'écran, presque comme s'il s'agissait de deux œuvres différentes, pas mal individuellement mais se mariant mal entre elles. Une œuvre estimable, donc, forcément très bien joué, mais clairement pas la plus aboutie du maître espagnol.