Je n’ai aucune légitimité à écrire une critique crédible sur ce film, ayant quitté la salle au bout de 45 mn (le film dure 2h45). Mais je tiens à exposer les raisons pour lesquelles je suis partie, alors que j’attendais le film avec impatience, séduite par la bande annonce et convaincue que je verrais là un film grandiose et spectaculaire tout en restant lucide et objectif.
Au bout de 45 mn, il ne s’était toujours rien passé. Une succession de scènes contemplatives, d’images de forêts tropicales sous la pluie et de fleuves s’étirant à l’infini sans même que le spectateur puisse deviner quel genre de bateau y navigue. Des villages ternes où, on ne sait comment ni pourquoi, survient un massacre mis en scène de façon trouble et douteuse et qui n’émeut pas grand monde. Quelques dialogues très vagues et très limités, l’impossibilité pour le spectateur de savoir qui est Magellan parmi les grands blancs qui traversent de loin en loin l’écran (en tous cas moi je n’ai pas deviné). Aucune des séduisantes scènes de la bande annonce ne ressort dans ces interminables 45 mn. Bref, je n’ai pas tenu et redoutant une perte de temps intolérable, j’ai quitté la salle.
J’avoue n’avoir vu aucun autre film de ce réalisateur qui semble assez clivant. Le choix des couleurs, l’immobilité de la mise en scène, la parole rare, dans ces malheureuses 45 mn, ne me donnent guère envie d’en savoir plus sur lui. Mon avis restera peut-être isolé, mais il me parait dommage, sur ce qui promettait d’être un film magistral, de n’avoir pas réussi à accrocher l’intérêt du spectateur.