Sunao Katabuchi (ancien assistant-réalisateur au studio Ghibli) et le studio Madhouse dessinent la vie quotidienne des enfants du Japon d'après-guerre, ainsi que leur passé lointain, à travers l'imagination de la protagoniste, Shinko. Si le film assume pleinement son style "tranches-de-vie" il n'est pas creux pour autant et aborde avec subtilité toutes les nuances de l'enfance et de la société japonaise. L'innocence se mêle à la magie, mais est aussi marquée par les peines et les désillusions, sans jamais trahir le message initial du film. Le choc civilisationnel entre le Japon impérial d'avant-guerre et l'influence grandissante de l’Occident fait également écho à l'opposition entre monde rural et vie urbaine.
Le visuel est somptueux et, à l’image du film, mélange technique traditionnelle et compositing par ordinateur. Les transitions entre les deux mondes sont bien trouvées, passé et présent, réalité et imaginaire : Katabuchi parvient avec brio à mêler les univers sans jamais perdre le spectateur.
On peut simplement regretter un final un peu trop vite expédié.