Si on peut difficilement parler de film plaisant ni même enthousiasmant (le milieu on ne peut plus sordide n'y est probablement pas pour rien), reconnaissons à Barbet Schroeder de ne pas faire dans le compromis en nous montrant sans jamais édulcorer le sado-masochisme dans toute son « horreur », avec ce qu'il peut avoir d'excitant, mais surtout aussi de dégradant et d'insoutenable. De plus, le réalisateur se passe bien de juger, laissant le spectateur libre de ses convictions, surtout que les personnages ne sont en définitive pas vraiment antipathiques.
Ce n'est pas pour autant que je n'ai pas été agacé parfois par les réactions des uns et des autres, surtout que cette histoire d'amour peut quand même rebuter à bien des égards. Reste que j'apprécie la démarche de Schroeder, ne tombant jamais dans le voyeurisme ou le racolage, ce qui aurait pourtant été facile. Bonnes prestations de Gérard Depardieu et de Bulle Ogier, sans être exceptionnelles non plus. A défaut d'être transcendant, « Maîtresse » n'en a pas moins du mérite et de l'audace : voilà deux qualités suffisamment rares pour être soulignées.