Un chef d’entreprise est incarcéré pour détournement de fonds. Persuadé qu’il va sortir prochainement, il doit cohabiter avec deux meurtriers et un transsexuel violent. Alors que sa détention s’éternise, l’improbable groupe découvre un grimoire caché dans le mur. L’étrange livre contient des formules cabalistiques qui provoquent d’inquiétants effets.
Éric Valette est un réalisateur français appréciant l’horreur et Maléfique est son premier film. Scénario simple, petit budget, acteurs moyennement connus, cette œuvre s’approche du téléfilm. Et pourtant…
Déjà, l’absence de notoriété n’empêche pas forcément le talent. Si la féminité de Clovis Cornillac (mais pourquoi en avoir fait un transsexuel ??) est ténue, sa prestation est grandiose. De même, Philippe Laudenbach campe un cultiste amateur très, très crédible.
Il n’est pas nécessaire non plus d’avoir de grands effets spéciaux pour faire du fantastique, et de nombreux films des années 60 le prouvent (comme Le Village des damnés, par exemple) ; il suffit souvent d’une bonne idée et d’un peu de talent. Apparemment, Éric Valette possède les deux. Il commence par poser une ambiance carcérale bien glauque pour s’en servir comme repère de normalité. Dès lors, la suite ne peut que s’enfoncer dans l’horreur la plus absurde. L’histoire est un hommage à l’œuvre de Loveraft dont elle mentionne d’ailleurs l’un des Grands Anciens au détour d’une incantation. Elle se déroule en outre comme une des nouvelles du créateur du Mythe et le spectateur se retrouve aussi perdu que les protagonistes, emportés par la volonté incompréhensible d’entités non humaines. La chute est légèrement décevante et aurait mérité un poil plus de travail, mais fournit une conclusion comme une autre à cette horrible histoire.
Maléfique est un film d’épouvante minimaliste, mais glaçant qui offre une belle démonstration du talent de Éric Valette. Il se regardera en journée, la lumière allumée, et surtout avec les portes ouvertes.