Mandarines est un drame géorgien souvent classé parmi les pépites du cinéma contemporain. L'action se déroule aux débuts des années 90 dans les montagnes de Géorgie où une guerre post-URSS a lieu entre l'état géorgien et des factions séparatistes abkhazes, fortement soutenues forcément par des mercenaires venus de Russie. L'histoire narrée est à petites envergures puisque nous suivons les deux derniers habitants baltes d'un hameau qui soignent chez eux, un blessé de chaque camp. Ce film montre bien les difficultés qu'à connu et connaît encore ces régions du monde après l'éclatement de l'Union Soviétique, avec des peuples totalement mélangés, déplacés et parfois martyrisés (avec toujours la manipulation de Moscou, soutenant ici des indépendantistes qu'ils pourront mieux contrôler par la suite). Le scénario se porte sur l'humain plus que sur la géopolitique, sur la philosophie plus que sur la guerre en elle-même, les valeurs proposées sont nobles et les personnages en sont enrichis. La mise en scène est également intéressante, car à côté de cet effet de huis-clos à ciel ouvert, les nombreuses séquences en extérieurs sont souvent filmées en lents et subtils travellings latéraux, quant aux coloris ils sont automnaux privilégiant une image brunâtre.