La version DVD de Gaumont a perdu une douzaine de minutes en route par rapport à l'original. Ce n'est sans doute pas très pénalisant compte tenu de la valeur passable du film de Le Chanois mais, quand même, le montage n'est pas très habile et produit des coq-à-l'âne. Passons.
L'histoire, en scope et en Eastmancolor, est celle du tonnelier Mandrin qui prend la tête d'une jaquerie contre l'oppression fiscale de Louis XV. Avec le sourire. Parce que cette version est avant tout une comédie d'aventures, dotée d'une fantaisie très lisse et de personnages insipides dans l'humour comme dans l'action. On suppose qu'il n'arrivera rien de mal à Mandrin dans ces conditions. C'est un film sans personnalité, très creux, sans contexte historique, et qui ne peut se prévaloir que de jolis extérieurs de forêts et de montagnes.
Jean-Paul le Chanois réalise le film de tout le monde, c'est-à-dire un film qui ressemble au tout-venant du cinéma d'aventures franchouillard des années 60. Un André Hunebelle ou un autre n'aurait pas fait mieux, ni pire, et certainement pas différemment. Le scénario est sans enjeu, on ne se sait pas vraiment ce que font Mandrin (Georges Rivière, notre doyen des acteurs à ce jour) et sa bande de gentils brigands ; en tout cas, ils sont poursuivis par les soldats de long en large dans une action animée mais d'aucun intérêt (telle cette interminable bagarre entre Rivière et Georges Wiilson). Sylvia Monfort, en gitane, erre dans le film, apparait et disparait aléatoirement, comme beaucoup de protagonistes, suivant la mise en scène approximative.
Il manque surtout un dialoguiste qui aurait mis un peu de causticité dans tout ça et puis des personnages qui sortent de l'ordinaire, de cette niaiserie caractéristique de ce cinéma et de l'époque.