Film incroyablement douloureux que ce "Manèges"
Il était inconnu dans ma filmographie.
J'avais déjà vu l'affiche et je viens donc de me tenter à le regarder.
Et en terme de dramaturgie je dois dire que "Manèges" n'hésites pas.
Certain pourrait même dire que c'est vraiment un film à faire pleurer dans les chaumières.
Pour ma part, une fois en effet le coté dramatique à l'excès du film digéré, je ne peux que vanter la réalisation sobre de Yves Allégret, et le jeu des acteurs.
Simone Signoret en garce avide de bonheur mais surtout d'argent qui trouve avec sa mère le parfait pigeon en la personne d'un pathétique et formidable Bernard Blier.
Tout le film se repose sur ses deux monstres sacrés du cinéma français, mais aussi sur la scénarisation du film.
Et oui, un banal accident de la route et Dora se retrouve entre la vie et la mort sur un lit d'hôpital.
Robert son brave mari vient à son chevet.
Il est désespéré, il a tout perdu, son affaire, ses chevaux, mais le pire pour lui, c'est la femme de sa vie.
Et c'est là ou le film prend un angle différent.
La mère de Dora désespérée de voir sa fille dans cet état là en discutant avec Robert qu'elle ne supporte pas décide alors de tout lui balancer à la figure.
Une vérité terrifiante sur le visage de celle qu'il aimait et qui n'était intéressée que par son argent.
Une véritable mante religieuse, qui en plus de le bafouer n'hésitait pas aussi à le tromper.
Et le pompon, c'est quand Robert en arrive à tout perdre, elle a dans son idée de partir avec un autre "pigeon".
Film des années 50 qui montre un visage très noir et très intéressé de ses deux femmes, qui sans aucun scrupule veulent vivre dans le grand monde, et profiter de la vie, de l'argent d'un mari ou d'un pigeon.
Le pouvoir de cette femme, de ses charmes est même assez étonnant pour l'époque ou on la voit petit à petit ponctionner un brave gars qui a juste le défaut d'être amoureux, et donc aveugle.
Film parfaitement huilé avec tous ses flashs back qui au fur et mesure décompose le pauvre Robert.
Bernard Blier dans le rôle du pauvre gars qui n'a rien vu est parfait, et la dernière scène démontre aussi que de pigeon il peut devenir vautour.
Je terminerai sur Simone Signoret qui est tout simplement envoutante, pour le plus grand malheur de tous. (et d'elle)