C'est mon pavé dans la mare.
J'ai longtemps attendu avant de regarder Manhattan, un peu à cause d'opportunités manquées, un peu pour faire grimper l'anticipation, et aussi certainement par peur d'être déçue.
Et ben j'ai été déçue.
Entendons-nous, le film, d'un point de vue purement esthétique, est formidable. Les scènes montrant New York au lever du jour, celle du planétarium, ou encore la mythique scène d'ouverture, avec les plans de Manhattan et la musique de Gershwin en fond sonore, complétée ensuite par la voix de l'écrivain qu'on ne sait pas encore prétentieux qui essaie de parler de sa ville, sont absolument géniales. Magnifiques.
Mais, après cette première scène où tout est encore permis, Woody Allen commence à faire du Woody Allen. Et ça ne passe pas. Les personnages s'écoutent parler pendant deux heures, l'intrigue est inintéressante au possible, et le personnage qu'il incarne est, comme d'habitude, insupportable avec sa paranoïa, sa fausse modestie, et son obsession malsaine pour sa mère. Les seules scènes sympathiques sont celles avec son ex-femme, car ce sont les seules qui ne soient pas monstrueusement surjouées et qui ne cherchent pas à imiter une tragédie grecque.
Persuadée que j'avais du louper un truc dans Manhattan, j'ai décidé de regarder Annie Hall. J'ai eu l'impression de voir exactement le même film, si possible avec une intrigue encore plus pauvre (le fait que ce soit les mêmes acteurs principaux n'aide pas, je le concède). Mais il est à la rigueur plus agréable à regarder, car le personnage de Diane Keaton est sympa dans sa folie légère et son opportunisme, alors que celui qu'elle joue dans Manhattan est encore plus insupportable que celui incarné par Woody Allen, ce qui n'est pas peu dire.
Après ces deux visionnages, j'ai décidé qu'il était temps de sortir ma tête du sable et de finalement accepter ce que je soupçonnais depuis quelque temps déjà. Je n'aime pas Woody Allen.