" Je vous avais dit de ne pas sortir ce soir ! "

Jamais un film ne m'aura montré une atmosphère aussi glauque de Maniac de William Lustig, sortie il y a bientôt 40 ans chez ( interdit de diffusion en 1980 en raison de sa violence alors qu'il était sortie en salles aux USA ), il y a quelque chose qui fait que ce film est une vision moins classe du New-York d'avant.


L'intérêt de ce film repose sur ce climat tout le temps oppressant, le fait de suivre la vie d'un homme en apparence normal le jour et qui la nuit, hanté par le souvenir d'une mère possessif avec lui enfant, devient une bête féroce qui arpente les rues sombres de la grande ville à la recherche de femmes à assassiner en emportant leurs scalps prélevé avec un couteau dont la lame est large comme sa main.


Rien qu'en vous dévoilant l'histoire, on ressent déjà un effroi profond quant aux sort des victimes de Frank Zito, un être laid, un brin renfermé le jour malgré qu'il soit sociable mais qui se montre véritablement possédé une fois la nuit tombé, ne reculant jamais pour atteindre sa proie.


La mise en scène est une des attractions centrales de ce film, elle nous plonge non pas au milieu des immeubles chics de New-York mais plutôt dans les coins malfamés, les stations de métros avec un éclairage de merde ( les scènes dans le métro furent tournés sans autorisation ), cette mise en scène nous fait prendre beaucoup d'inquiétude quand on voit les cibles de Frank Zito tenter de lui échapper... en vain.


L'autre attraction est Frank Zito lui-même, une vision réaliste de la folie, sa façon de devenir un tueur sanguinaire chaque nuit rappelle le mythe du loup-garou, hors ici, point de métamorphose en en bête poilu aux crocs jaunis et tranchants, ici, quand la caméra nous fait suivre Zito traquant les femmes, on le voit les suivre tranquillement d'un pas lourd, on entends son souffle qui semble être un grognement qui fait froid dans le dos et enfin, on voit l'acte, sans la moindre coupure jusqu'au poignard qui tranche soigneusement la chevelure de la victime, pas une seul fois, que ce soit dans les scènes diurnes et nocturnes, le jeu de Frank Zito ne semble faux, à l'instar de ses autres collègues.


Maniac est un impressionnant tour de force dans le cinéma d'horreur du début des années 80, il marque en quelque sorte la fin des films d'horreur aux meurtres " softs " et juste après La nuit des masques ( 1979 ) impose avec les Vendredi 13 et saga des Freddy, la période glorieuse des films gore que l'on nomme des " slashers " et fera partie des films qui laisseront une trace indélébile aux fans de films d'horreur

Trystan-Caouren
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le 4 janv. 2022

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Trystan Caouren

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