Voilà un film parfait pour "Les Dossiers de l'écran". Le thème ? L'autisme. Un sujet dans l'air du temps des années 2000. Le biopic se focalise sur un jeune autiste qu'une mère désemparée surprotège. Une majorité de spectateurs (jeunes, femmes, cœurs tendres, sportifs, exaltés de la libre entreprise...) peut aisément s'identifier à l'histoire. D'autant que "Marathon" exalte une insatiable recherche de performance. En ce monde capitaliste faisandé, même les autistes peuvent devenir des superhéros ! "Handicapés ou non, quand on veut on peut ! N'ont-ils pas des Jeux Paralympiques ?"
Cho Won aime la course à pied, s'imagine être un zèbre galopant dans les savanes infinies du parc naturel de Sérengueti (Tanzanie). Sa mère omniprésente devient son coach : il sera vainqueur d'un marathon ! Mater dolorosa conditionne Jésus le Fils à coup de slogans : "Elles valent combien tes jambes ?"
- "Un million de dollars !" exulte le fils. Il se classe troisième d'une course locale de 10 km.
Lorsqu'elle réalise qu'un champion marathonien a besoin d'un véritable entraîneur, la tragédie pointe son museau de fouine. L'entraîneur ? Un athlète déchu et décati, accro à la bière et à la cigarette, encore un drôle de zèbre... Ses relations rugueuses avec Cho Won et sa mère relancent l'intérêt. Et si l'amoureux des zèbres déclenche en ville des scènes cocasses (l'humour actionne alors nos zygomatiques), sa confrontation avec certains passants s'avère cruelle.
Résumons-nous : Cho Won aime la course, les zèbres, les gâteaux au chocolat et sa mère. Leur amour fusionnel mijote minutieusement dans les arrières cuisines - à la satisfaction des familles. Mais il engendre de satanés dégâts (les œufs cassés si fameux de la célèbre omelette). Les acteurs principaux, motivés par le projet, se donnent à fond, constituent un atout du film. Malheureusement le réalisateur souligne pesamment certaines scènes, chausse même de gros sabots au cours du marathon final. Quarante deux kilomètres de clichés, c'est épuisant.