Ceci n'est pas un flim sur un super-héros courant le marathon plus vite qu'un somalien munie d'une carte de cantine (humour beauf style ). Non, je préfère vous prévenir tout de suite, histoire de ne pas être pris au dépourvu, comme je le fus dans ma folle jeunesse quand on me conseillait de voir le film de John Schlesinger. Non, "Marathon man" c'est finalement bien mieux qu'un film de super-héros.
Adapté du roman de William Goldman par l'auteur lui-même, "Marathon man" est un pur thriller politique comme seules les années 70 ont su le faire, une machination implacable et palpitante convoquant rien de moins que les fantômes du nazisme et du maccarthysme, plongeant un simple étudiant au coeur d'une conspiration qui le dépasse forcément.
En homme traqué courant aussi bien après son passé que pour sa vie (le choix du marathon est d'une grande pertinence), Dustin Hoffamn est une fois de plus parfait, prouvant s'il en était besoin qu'il est bel et bien un des plus grands acteurs américains de l'époque, au jeu intense et au physique passe-partout lui permettant de se fondre dans n'importe quel rôle. La star est entourée d'un casting haut de gamme, allant de l'impeccable Roy Scheider à William Devane, en passant par Marthe Keller. Mais c'est surtout Laurence Olivier qui marquera les esprits en bourreau nazi adepte de la torture buccale.
Mis en scène avec talent par John Schlesinger et bénéficiant d'une distribution solide, "Marathon man" est tout simplement un des meilleurs thriller paranoïaque des 70's, à ranger aux côtés des "Trois jours du Condor" et des "Hommes du président".