La fille au père porte toujours aussi bien le charisme qu'on lui connaît depuis un certain temps, et c'était bien le minimum requis pour rendre crédible le fantasme cinéphile de l'honorable Christophe. Car si l'ensemble se regarde avec tendresse et compassion, on ne peut pas dire que l'hommage Fellinien au Maestro Marcello soit particulièrement intéressant.


Il existe bien quelques séquences tournées à la manière de qui apparaissent consistantes (notamment les déambulations nocturnes du double Mastroiainnien ou certains dialogues épistolaires), mais ils sont noyés dans un maelström de citations et autres références qui font plutôt peine à voir. L'indolence du film se voudrait comme une interface entre l'esprit Nouvelle Vague si chère à Honoré et le spleen du célèbre tandem. Pari risqué qui ne tient qu'à moitié ses promesses, tant il est plus figé dans une sorte de formol formel que dans un geste réellement créatif.


Peut-être faudrait il également stopper cette propension à vouloir réunir des grandes figures du cinéma d'auteur français autour d'une grande figure démiurgique pour célébrer un certain type de cinéma. Cela semble devenir une figure de style innovante qui raconterait l'amour que le public cinéphile porte pour ses plus grands comédiens. Dans les faits cela s'avère malheureusement de plus en plus comme l'aveu même d'impuissance d'un scénario qui comblerait ses lacunes par du remplissage de vedetariat. Luchini rejoue l'éternel cabotin sympathique et combien même ce peut être amusant, la lassitude nous gagne. La Grande Catherine de Russie est de plus en plus cataclysmique dans ses tics d'interprétations, Poupaud se croit éternellement chez Desplechin et ne sait pas trop composer avec Melvil, tandis que Garcia essaie la doublure de Nicole avec son ami Biolay qui chante beaucoup moins bien que Benjamin.


C'était déjà prégnant depuis longtemps (depuis toujours?), mais Christophe Honoré devrait prendre garde à ne pas trop embourgeoiser son cinéma car il se pourrait qu'à trop tirer sur cette corde cela finisse par décourager ceux (dont je fais partie) ayant grandi avec sa fantaisie libertaire. Les chansons d'amour finissent mal en général paraît il, et les chambres 246 ne sont plus assez grandes pour se consoler du temps qui passe.

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