Un portrait de femme touchant, à la thématique lourde de sens, qui parlera sans doute davantage aux spectateurs engoncés comme moi dans leur routine depuis quelques années, parce qu'il y est question de ces paradoxes existentiels qui se posent à l'individu lorsqu'il rôde aux alentours du milieu de sa vie.
L'herbe est-elle plus verte ailleurs, moins routinière, plus glamour, plus excitante ? Lorsque le poids d'une routine exigeante fait davantage pencher la balance vers un oui potentiel, l'heure est au risque de la tentative d'une once de changement.
Mare choisit de naviguer dans des eaux où la protagoniste ose la manoeuvre du renouveau, en se réappropriant image et libre arbitre en tant que femme, et non plus uniquement mère.
Pour ma part je trouve le film réussit dans le sens où l'on parvient à sentir la détresse de cette mère qui veut prendre la fuite, sans que tout autour d'elle ne vienne parasiter le message. Pas besoin de faire du mari un enfoiré notoire par exemple, non autour de Mare, rien ne change, tout est à sa place, la routine tourne sans cahot, et c'est bien ce sentiment d'immobilisme, que beaucoup connaissent à un moment ou un autre de leur vie, qui met en mouvement sa révolte silencieuse, qui dans le cas présent prend la forme d'une tromperie de passage.
Ce sera un peu court sans doute pour beaucoup, mais ça fonctionne pour moi, même si les à-côtés sont parfois un peu moins heureux, comme le personnage du fils que l'on ne sent pas complètement abouti.