Maret, la quarantaine, a oublié 20 ans de sa vie à la suite d'un accident cérébral inexpliqué.
Presque tout lui est inconnu : ses objets, sa chambre avec le grand lit, cet étranger qui se présente comme son compagnon. L'actrice Suzanne Wolff est époustouflante dans le rôle de Maret, tantôt "vraie furie", tantôt Femme qui pleure qui aurait inspiré Picasso.
Que s'est-il passé ? Pourquoi les amis et la famille de Maret sont-ils sur la réserve ?
La réalisatrice Laura Schroeder excelle dans l'art d'instiller le doute puis de lever une partie du voile. à la fin la scène révélatrice est dure et éclaire le comportement de Maret ainsi que celui, énigmatique, de ses proches. Les personnages secondaires gentils ou méchants sont réussis.
Le film élargit l'intrigue à d'autres questions, par exemple celle de l'intégrité d'une personne , de ce que sa souffrance révèle et donc des limites d'une médecine très spécialisée et intrusive.
Laura Schroeder laisse ses personnages respirer et se garde d'imposer des réponses. Le spectateur peut ainsi trouver sa propre lecture du film, original et captivant.