Après Jackie et Spencer, Pablo Larraín livre un troisième portrait de femme meurtrie, en se basant cette fois-ci sur la personnalité de Maria Callas. Plutôt que de passer par les code s conventionnels du biopic, le cinéaste décide de raconter les derniers jours de la cantatrice. Alors plongée dans une profonde solitude, marquée par le décès de son amant et la perte de sa voix, avec l'ombre d'une maladie psychique qui ne cesse de planer - le personnage ayant constamment des visions. Avec Maria, Larraín livre ainsi le destin d'une femme quasi détestable - ayant un fort caractère et étant la parfaite définition de ce qu'est une diva - rêvant de reconquérir son image et son public mais qui sera rattapée par ses fêlures et la fatalité. Une sorte d'opéra tragique, en quelque sorte, que viennent confirmer l'ambiance musicale du film et les nombreuses visions dont souffre le personnage éponyme, floutant ainsi la barrière entre le réel et l'imaginaire. Question mise en scène, Maria semble être "l'opus" le plus sophistiqué de cette trilogie de biopics. Du moins, en ce qui me concerne, il l'est bien plus que Spencer, conjuguant effets de montage - avec des plans façon documentaire d'époque -, flashbacks d'un noir et blanc somptueux et photographie léchée. Sans compter sur la prestation d'Angelina Jolie, qui dévore l'écran en plongeant dans son rôle avec une indéniable implication. Donc oui, Maria est un biopic soigné, qui parvient à épouser l'univers de l'opéra pour un récit à la beauté visuelle renversante. Mais au-delà de ce bel écrin, Maria peine à réellement à convaincre. Ne serait-ce qu'avec son parti pris d'en révéler trop peu sur la vie et la personnalité de Maria Callas. Si, comme moi, vous ne possédez pas suffisamment de bagages sur la cantatrice, vous serez perdus dans un film qui, finalement, ne raconte pas grand-chose. Qui se perd dans ses effets et visions. Et qui, surtout, se noie dans un bel emballage incapable de transmettre la moindre émotion. A se montrer avare en informations et lisibilité, Maria se révèle un poil glacial malgré ses jeux de lumière, complexe sans réelle raison. Et c'est vraiment dommage...