Les derniers jours de Maria Callas dans son appartement parisien en compagnie de son majordome, de sa gouvernante et de ses deux caniches.
Le film est réalisé par un cinéaste chilien, Pablo Larraín, qui semble s'être fait une spécialité des biopics entre Pablo Neruda, Jackie Onassis et Lady Di. Je n'en connais aucun, mais étant donné les deux derniers, ma crainte était grande de voir un biopic centré sur sa vie mondaine et non sur son talent, sur sa voix.
Le cinéaste a bâti son film comme une pièce en plusieurs actes à travers les derniers jours de la Diva alors que son état de santé était fort dégradé, probablement dû aux divers barbituriques qu'elle prenait, mais surtout au fait que ses performances vocales n'étaient plus là et qu'elle n'était plus que l'ombre de celle qu'elle avait été.
Il ne lui reste cependant qu'une force intérieure qui la pousse à vouloir remonter cette difficile pente pour retrouver la scène à travers des retours sur elle-même, à travers des interviews (le sieur Mandrax ...) ou des essais avec un pianiste dans un théâtre désert, réels, imaginés ou hallucinés.
Peu importe où se trouve la vérité mais Pablo Larraín a été très inspiré en offrant dans le film, à Maria Callas la plus belle des morts qui soit, en chantant dans son appartement, accompagnée d'un orchestre et de ses fantômes, fenêtre ouverte, immobilisant tous les passants autour de l'immeuble comme si la vie se devait de marquer un arrêt dans un hommage silencieux.
Et d'ailleurs quitte à faire une œuvre d'imagination, j'aurais bien vu ce biopic transcender la vraie vie de la Callas à travers, pourquoi pas, un voyage dans une Grèce antique ou au contraire, s'attarder sur la construction du mythe "Callas" avant sa vie médiatique et mondaine, qui n'a fait que précipiter la fin de sa carrière et qui ne m'intéresse guère.
Ne nous plaignons pas, le film regorge d'extraits d'opéras célèbres comme "Casta Diva" (Norma) que, dit-on, Callas fut une des cantatrices à avoir sublimé.
Quant à l'interprétation faite par l'actrice Angelina Jolie, elle m'a paru très investie dans son rôle et bien convaincante de ce que pouvait être la vie tragique de Callas mais aussi la diva avec ses petits mouvements d'humeur et ses petits caprices. À propos de la scène où un journaliste du Figaro enregistre, en cachette, un essai de voix et est malmené par le majordome du fait de son comportement agressif, j'ai souri en lisant que ce même Figaro avait saqué le film après sa sortie … Où la mesquinerie ne va-t-elle pas se nicher ?