Des choses à dire sur ce film
C’est un peu un grand chelem... adapter en film live un comic-strip, à base d’animaux, qui parlent, au tout début des années 2010 qui voient en l’outil numérique l’alpha et l’omega des effets visuels... sûr, le Marmaduke de Tom Dey part avec de sérieux handicaps. Le fait, ensuite, de le faire commencer et terminer sur le même gag prout donne une idée de l’ambition. Marmaduke c’est du divertissement familial paresseux et dégueulasse qui donne l’impression qu’à la 20th century fox, malgré une image de titan, on a su garder le goût des plaisirs simples que la vie a à offrir comme de pisser à la gueule des mioches et de leurs cons de parents.
En résumé, la famille Winslow déménage avec chien (Owen Wilson) et chat (George Lopez) du Kansas à la Californie pour suivre l’évolution de carrière du paternel (Lee Pace)... et ça ne se passe pas forcément très bien. La voie suivie par Marmaduke est celle suivie par Beethoven quelques décennies plus tôt à savoir le film familial teinté de sepia qui transpire les années 1950-1960 dans le mauvais sens du terme... Alors oui, Marmaduke est à l’origine un comic-strip du milieu des années 1950, mais ça ne justifie pas tout. On retrouve donc une caractérisation des personnages classique avec notamment la cellule familiale standard et son papa ronchon (auquel ne manque que la pipe et le journal) que son boulot monopolise, la petite maman toute en douceur (à laquelle ne manque que le tablier) et les gosses qui soufrent (superficiellement parce que faut pas déconner non plus) des choix professionnels du papa...
Si, d’une certaine manière le film Marmaduke est un héritier de Beethoven, il est aussi très marqué par Le chihuahua de Beverly Hills dans la mesure où le récit est vu (ou est sensé l’être) à hauteur de chien. C’est surtout sur les aventures du dogue allemand que le film va en effet se focaliser : ses liens avec sa famille, ses histoires de potes, de cœur, d’appareil digestif, le tout, comme dans Le chihuahua de Beverly Hills, en parlant beaucoup (expressions faciales et animations de babines en CGI dégueulasses en prime) et en dansant et surfant un peu (animation en CGI dégueulasse naturellement)...
Marmaduke n’a rien à raconter et le fait de manière finalement assez odieuse. Le summum du cynisme est atteint avec une fin méta au cours de laquelle le patron de Phil Winslow, Don Twombly (William H Macy), évoque des chiens qui dansent pour sa prochaine campagne de communication, ce qui se trouve être la séquence qui suit... et c’est peu ou prou comme ça que le film se finit.
Au final, si on peut toujours écarquiller les yeux devant Marmaduke qui danse sur un jeu de borne arcade ou qui fait du surf, ou encore devant des lancers de chat en CGI tout moches... on se fait quand-même beaucoup chier. À noter qu’on peut aussi rester bouche bée en jetant un œil sur un casting composé de Lee Pace, William H. Macy, Judy Greer et David Walliams pour les humains et Owen Wilson, Emma Stone, Sam Elliott ou Kiefer Sutherland entre autres pour les chiens... de quoi se sentir tout de suite moins honteux de faire des trucs comme entraîner ses proches dans un système pyramidal et de vente multiniveau pour arrondir ses fins de mois.
Je veux jouer au bingo des clichés avec ce film
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Ou sinon, je regarde juste les 48 ingrédients du bingo de ce film parce que c'est trop cool
Personnage > Agissement
Coolitude > Est frappé·e par une révélation subite – Famille > Caresse les cheveux d’un enfant – Parle dans son sommeil – Saute dans le vide/s’élance en hurlant « Geronimo ! » – Stylé > Fais demi-tour d’urgence au mépris de la circulation – Stylé > S’exclament la même chose et en même temps
Personnage > Caractéristique
Valide les intimidations/vexations de son ami·e/leader en topant dans sa pogne ou en rigolant ostensiblement à chaque vanne
Personnage > Citation
Complimente : « T’es un génie » – Rassure > « Fais-moi confiance » – Réfrène > « Wo-wo-wo-wo-wo ! » – S’exclame > « Tu es/vous êtes viré·e ! » – Se justifie > « Je fais ça pour nous »
Réalisation
Grammaire > Passage musical – Montage-séquence – Ouverture ou fin > Voix off d’introduction ou de conclusion – Prend des photos : vue depuis l’objectif + bruit de déclencheur + arrêt sur image – Rattrapé·e in extremis par le poignet avant de tomber dans le vide – S’adresse régulièrement à la caméra – Transition > Décollage/atterrissage d’un avion filmé de face/de dos – Woosh > Mise en scène
Réalisation > Accessoire et compagnie
Pouet-pouet > Effet pyrotechnique hasardeux
Réalisation > Audio
Ambiance sonore > Concert de klaxon pendant un embouteillage – Bruit exagéré > Accessoire – Bruit générique > Chat – Woosh > mouvement / acrobaties
Scénario > Blague, gag et quiproquo
Calembour – Chien qui saccage un intérieur (gag) – Comique de répétition – En fait des caisses (personnage) – Est bourré·e ou drogué·e (gag) – Gag avec un animal – Gag cartoonesque – Gag cartoonesque > Traîné·e au sol par un chien qui tire sur sa laisse – Pipi, caca, prout – Ronflements – Tombe ou est poussé·e tout habillé·e dans une piscine (gag)
Scénario > Contexte spatio-temporel
Les teufs des ados ricains réunissent toujours au moins 300 personnes – Tous les parents d’ados qui organisent une teuf ont une piscine !
Scénario > Dialogue
À voix haute > Se parle
Scénario > Élément
Dort sur le canapé après une querelle de couple – La teuf échappe au contrôle de l’ado qui l’accueille – Référence (grossière) à la culture populaire – Titre du film énoncé dans le film
Scénario > Ficelle scénaristique
Amour au premier regard – Une des filles populaires du lycée, voire la meuf de la brute de la classe, développe une attirance pour le héros / bizut
Scénario > Situation
Gamins qui organisent une teuf quand leurs parents sont absents – Tension > Suspendu·e dans le vide
Thème > Rejets, moqueries ou discriminations
Accents étrangers caricaturaux
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Barème de notation :
1. À gerber
2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
3. On s'est fait grave chier
4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
9. Gros gros plaisir de ciné
10. Je ne m'en lasserais jamais