"Marock" (2006), c'est un peu "Roméo & Juliette" à Casablanca : Rita la musulmane et Youri l'israëlite tentent de vivre un amour impossible l'année de leur baccalauréat.
Dans ce premier film largement autobiographique, Laïla Marrakchi chronique la jeunesse marocaine aisée à la fin des années 90. Largement occidentalisés, ce qui provoque nombre de contradictions avec l'islam et les traditions, ces post-adolescents essaient de devenir adultes dans le contexte local, en se confrontant aux interdits, comme toutes les jeunesses du monde.
Ce regard assez inhabituel sur le Maroc s'avère instructif, même s'il ne concerne qu'une seule classe sociale (les élites), et "Marock" n'est donc pas représentatif de ce pays. Les aspects plus sombres de la réalité marocaine (misère, corruption...) sont certes évoqués, mais très brièvement.
Si "Marock" n'évite pas certaines maladresses, affichant un côté superficiel et anecdotique qui pourra agacer, ce long-métrage un peu bling-bling dégage néanmoins une fraîcheur bien agréable, et incarne une soif de liberté qui interpelle (soulignée par une bande originale très plaisante, dominée par David Bowie).
La distribution repose avant tout sur le charme explosif de Morjana Alaoui, qui irradie littéralement dans ce film ; on retrouvera d'ailleurs la jeune marocaine quelques années plus tard avec un rôle autrement plus sombre dans "Martyrs", du français Pascal Laugier.