Ca fait toujours plaisir un film de SF français ! Surtout quand il est aussi léché que Mars Express. Les dessins sont beaux et il y a beaucoup de plans magnifiques, l'intrigue est bien construite, les personnages (quoique un peu cliché pour l'enquêtrice) fonctionnent très bien. Un film parfait... sauf que.
Sauf que la thématique principale - l'identité des robots - est une question de SF qui date d'il y a 80 ans et abondamment traitée depuis (trois lois de la robotique d'Asimov en 1942 qui sous-tend l'essentiel des gags du film). Elle semble un peu dépassée aujourd'hui, d'autant que Mars Express ne la renouvelle pas particulièrement. Sur l'IA, Mission Impossible par exemple fait mieux. Sur la société de classe, The Expanse a plié le game. En SF française, Tropic arrive à intégrer (discrètement mais efficacement) la question environnementale - ce que ne fait pas du tout Mars Express, et c'est un vrai problème. Même du point de vue des technologies présentées, on s'attendait à plus de folies. Les voitures électriques autonomes, c'est pas un peu léger pour une civilisation galactique ? Certes, les nouveaux airbags sont rigolos...
Mars Express aurait été un film exceptionnel s'il était sorti en 1983, ou même en 2003 (I, Robot : 2004).
Heureusement, il y a plusieurs thématiques secondaires originales plus contemporaines : l'alcoolisme, la précarité étudiante, la violence de genre... Également, la critique du capitalisme est bienvenue. On aurait quand même aimé apercevoir l'envers du décor de Noctis, la ville techno-utopiste, pour être sûr que les artistes ont bien conscience de l'arnaque que constitue le longtermisme.