Réalisé par Marcel Barelli, Mary Anning est une coproduction belgo-suisse produite par Nadasdy Film. Ce biopic historique s’inspire librement de la vie de la paléontologue autodidacte britannique. Dans cette histoire, une jeune fille passionnée de fossiles, est bien décidée à réhabiliter la mémoire de son père dans son village et à sauver sa maison. L’action se déroule au début du XIXe siècle, dans un climat social étroit et rigide, où elle devra affronter préjugés et conservatismes.
Le film s’impose par la force de son récit initiatique et l’intelligence de son regard. En mettant en scène une héroïne marginale, courageuse et ancrée dans une époque hostile, il dessine en filigrane un propos fort sur la place des femmes, la science et l’émancipation. La tension dramatique repose sur des antagonismes bien construits, à commencer par la figure du révérend, incarnation vivace de l’ignorance et du dogmatisme. Le rythme est maîtrisé, le scénario clair, et le portrait de Mary Anning gagne en densité au fil du récit. La dimension historique est utilisée à bon escient, sans jamais ralentir la narration.
Si le style graphique en 2D affiche une certaine sobriété, il manque d’audace et peine à se distinguer. L’animation reste correcte mais accuse par moments quelques raideurs, notamment dans les mouvements de caméra. On regrette une patte visuelle plus marquée, surtout dans un contexte où le genre regorge de propositions fortes. La musique, bien que plaisante en elle-même, détonne avec l’ambiance. Les tonalités folks évoquent davantage les grands espaces de l’Ouest américain que les côtes anglaises du Dorset. Ce choix musical crée un léger décalage. Enfin, malgré la richesse de son sujet, le film reste un peu trop didactique. L’émotion affleure, mais ne déborde jamais. L’ensemble conserve une certaine sécheresse qui empêche l’histoire de se déployer avec la poésie ou la magie qu’on aurait pu espérer.
Mary Anning est un film juste, sincère et nécessaire, qui réussit à faire vivre une figure méconnue avec respect et sensibilité. Malgré quelques limites formelles, il s’impose par son propos et sa cohérence. Il ne révolutionne rien, mais il apporte sa pierre avec discrétion et conviction. Une belle proposition, surtout pour un jeune public curieux d’histoire et de sciences.