D'un côté, une vie de liberté et de plaisir à Maspalomas, épicentre de l'atmosphère LGBTQ, aux Canaries : de l'autre, le quotidien gris d'une maison de retraite à Saint-Sébastien. Deux endroits, deux ambiances, pour Vicente, le héros sénior et gay du film du duo de cinéastes basques Jon Garaño y Aitor Arregi, auxquels on doit notamment l'excellent Marco, l'énigme d'une vie. Maspalomas raconte non pas la sortie du placard de l'homosexualité, mais son retour, après une parenthèse hédoniste. C'est l'intérêt et l'originalité d'un film qui n'a pas peur de se montrer cru en termes de sexe, pour caractériser les choix de son personnage principal et aussi, sans doute, un certain égoïsme de sa part, avant que la réalité de son âge ne l'oblige à tracer un bilan de son existence et à s'ouvrir à d'autres sentiments. Maspalomas évoque ainsi une génération d'hommes qui a dû se taire et se conformer, avant, pour certains seulement, de pouvoir mener sa vie à sa guise, quitte à tirer un trait sur tout ce qui a précédé, en assumant toutes les conséquences. Le film est sans doute moins abouti que le précédent des réalisateurs, d'une part parce que le sujet est, disons, moins vertigineux, et d'autre part parce que sa mise en scène est trop en retrait et parfois même assez fade, ce qui altère un peu son crédit.