C’est un film politique avec des travailleurs qui sont menacés de perdre leur emploi et des syndicalistes pour défendre leurs droits comme dans les films de Stéphane Brizé mais c’est aussi un film très sentimental, profondément et subtilement sentimental au meilleur sens du terme, avec des scènes de vie et même de double vie familiale très justes, une détective qui file des étrangers pour le compte de conjoints qui ont des doutes sur leur fidélité et se retrouve à le faire pour elle-même, une autre qui essaie en vain de dissuader une vieille connaissance de venir voir de ses propres yeux le spectacle qu’il craint, un vieux veuf qui, lui, au contraire ne veut pas revoir le vieil amour d’avant son mariage dont on a retrouvé à sa demande la trace car il a honte de l’avoir fui pour obéir à ses parents, une femme qui dit à son mari qu’elle s’en va pour de bon car ils n’ont rien à se dire et à qui son mari donne raison, non pas en lui disant : « Tu as raison » mais en ne disant rien, et enfin une autre qui préfère perdre son emploi plutôt que son âme alors que tant d’autres préfèrent, comme le lui a dit celui qu’elle espionnait sans qu’il le sache, perdre leur âme plutôt que leur emploi.
C’est donc un film qui montre bien et bien souvent de manière tendre et émouvante que Mata Hari n’a pas ri toute sa vie.