J’ai commencé ce film sans rien en attendre, malgré le nom très connu derrière la réalisation. Pendant la première moitié, j’ai même failli l’arrêter. J’avais l’impression de regarder une histoire d’amour comme une autre : un homme partagé entre l’ambition et la passion, et la question classique semblait être : que va-t-il choisir ?
Puis le film bascule complètement.
En y repensant, j’aurais dû comprendre dès la première scène. Cette balle de tennis qui touche le haut du filet et peut tomber d’un côté comme de l’autre annonce tout le film. La chance devient le véritable personnage principal. Le thème revient sans cesse : au tennis, dans les rencontres, dans les opportunités professionnelles, et surtout dans cette scène incroyable où la bague est jetée dans la rivière. Même quand on croit que le hasard va enfin se retourner contre Chris, il rebondit encore une fois en sa faveur.
C’est là que le film devient fascinant. Chris est loin d’être idiot : il est cultivé, stratège et surtout capable de s’intégrer dans un milieu qui n’est pas le sien. Il a du talent. Mais ce film pose une question beaucoup plus dérangeante : à quoi sert le talent si les moments décisifs dépendent de simples coups de chance ?
On aime tous penser que les efforts finissent par payer, que les bonnes personnes sont récompensées et que les mauvaises sont punies. Pourtant, Chris commet l’irréparable et s’en sort. Non pas grâce à une intelligence supérieure (ce que, de mon point de vu, il a), mais grâce à une succession de hasards improbables.
Au fond, l’idée que je vais surtout retenir de ce film, et qu’on a facilement tendance à oublier est qu’une grosse partie de nos vies échappe complètement à notre contrôle. On fait des efforts, on construit des projets… mais parfois, tout se joue sur une balle qui touche le filet et tombe d’un côté plutôt que de l’autre.
Et c’est cette idée qui m’est restée en tête longtemps après le générique fin.