Deuxième volet de ma série "les films que tout le monde adule, mais pas moi", et là avec ce monument du cinéma populaire de ces vingt dernières années, je ne vais pas me faire des copains.


Je vais commencer par le thème central du film, même s'il développe d'autres axes narratifs, mais disons que le principal ressort de l'intrigue est le contrôle conscient ou pas de l'humanité par la technologie, les machines, les robots ou l'informatique.

Que d'encre versée alors pour nous expliquer que c'était une révolution, qu'enfin le cinéma posait la question de notre dépendance à la technologie et quelle sera la place de l'homme dans le futur etc. Attendez mais au hasard, Metropolis (1927), 2001, l odyssée de l espace (1968), Terminator (1984) ou le dérangeant mais fabuleux Vidéodrome (1983) pour ne citer que quelques exemples exploraient déjà ces thématiques avec des angles de développements et des prises de positions différentes, mais prétendre que c'est "Matrix" qui a initié ce cinéma c'est oublier quelques monuments du genre, et au passage l'année suivante David CRONENBERG nous livrera une proposition allant elle aussi creuser les sillons de ces thèmes avec une approche jusqu'au-boutiste et un résultat final à mon sens bien meilleur.

Donc non, ce premier argument en faveur de ce film ne tient pas, à la limite on pourra dire qu'il a été le film qui a initié une génération à ces questions, pas d'avantage et même là ce serait oublier toute une partie de l'animation japonaise, pour n'en citer qu'un représentant Katsuhiro OTOMO.


Penchons nous alors sur le thème à la fois secondaire de l'intrigue mais à la fois la colonne vertébrale de cette dernière, l'opposition entre réalité vécue, ressentie et réalité cachée. Des initiés qui résistent quand le reste de l'humanité ignore son sort, et qui à force d'abnégation et de sacrifices finissent par réveiller les consciences. Si ici le terme est abordé sous les aunes d'une approche métaphysique, celui du choix symbolisé par la pilule bleue ou rouge qui déterminera si le héros accèdera à une vérité douloureuse ou s'il campera dans un mensonge confortable, avec bien vite exposé le choix inverse qui libérera de cette vérité un des initiés, le film n'a là encore rien d'inédit, que ce soit en cinéma ou par d'autres médiums.


A la limite, si les deux axes de questions étaient traités avec un peu plus de finesse pourquoi pas.


La mise en scène et la direction artistique, je crois que jamais un film n'avait autant déchainé les passions à propos de ses effets et de son iconographie, je suis désolé mais si un film ne tient que par l'utilisation d'effets grandiloquents, mais que l'essence même du film est bâclé ou traité comme un élément secondaire, j'appelle ça un spectacle distrayant, mais pas un grand film, qui lui requiert une alchimie plus subtile.


Toute l'histoire du cinéma est ponctuée de films qui marquent l'utilisation pour la première fois de techniques qui repoussent les limites de cet art. Le premier film parlant, le premier film en couleurs, les premières utilisations d'effets spéciaux numériques, les premières images de synthèses, et toutes ces évolutions parfois maladroites, ont permis à d'autres oeuvres d'exister. On aura du mal à dire la même chose des évolutions technologiques vues dans "Matrix" qui n'ont amené par la suite que des réflexions du style "ah tiens c'est un effet vu dans matrix" mais qui depuis a disparu pour n'exister désormais que de la temporalité du film d'où elles sont issues. Il sera difficile de lui octroyer un quelconque apport au cinéma à ce niveau quand l'histoire future se penchera dessus.

Alors oui, je lui concède une personnalité propre et une esthétique formelle unique et inimitable et sans doute à t-il libéré les départements artistiques des studios. Est-ce pour autant le film culte et essentiel qu'on prétend ?


Allez j'aime bien les méchants, les "monsieur smith", je les trouve originaux dans leur délire et ce qu'ils représentent, mais tout ceci est bien faible à mon sens pour placer ce film sur le piédestal où on l'a mis.


Je ne vais pas m'attarder sur les acteurs, qui font le job, mais sans plus, ni sur les navrantes suites pour lesquelles je retiens deux choses, le jeu cabotin et ampoulé de Lambert WILSON que je pourrais trouver drôle si j'étais sûr qu'il voulait de la sorte nous signifier le peu de cas et de sérieux qu'il concédait à cette aventure, mais hélas j'ai bien peur qu'il y croyait vraiment et qu'il était à fond, et je retiens aussi la bataille finale, la plus longue et la plus ennuyeuse de l'histoire du cinéma. Aucune empathie avec des héros qu'on subit depuis plus de six heures, et une impression visuelle de gros dégueulis qui ne sait tellement pas comment s'arrêter qu'il balance tout dans un dernier sursaut épuisant.



Matrix

Matrix

7

Gothic

le 14 nov. 2014

Suivre

The Future Is Now

[SP01LER ALERT] Matrix, c'est l'histoire d'Anderson (à ne pas confondre avec celui qui chante "Dreams are my reality", là c'est un autre dude, c'est dommage d'ailleurs, il aurait tout à fait sa place...

Matrix

Matrix

9

drélium

le 10 mai 2012

Suivre

Ma trique

-Maîtres Wachowski ! Maîtres Vaches au skiiii ! Ça y est, le vieux bougon dénommé Torpenn a remis ça ! Il nous attaque de plus belle dans sa critique de Jack Burton ! -Calme-toi, explique-toi mon bon...

Matrix

Matrix

8

Comte_Zalcrof

le 14 mars 2011

Suivre

110110000001

11100111011111000001110001001000101110000000000011000000110000000000000110011110101100111111000001001111111111111100001000111100110101111100001101011110000100010000011110110010001000001100001111101011...

Au boulot !

Au boulot !

6

Spectateur-Lambda

le 5 nov. 2024

Suivre

Vu en avant première

On va tout de suite évacuer un truc, je suis une indécrottable gauchiasse et plus je vois l'état de notre société, plus j'affirme ma position politique et plus je trouve la droite dangereuse et...

As Bestas

As Bestas

8

Spectateur-Lambda

le 2 mai 2023

Suivre

Critique de As Bestas par Spectateur-Lambda

Rodrigo SOROGOYEN m'avait déjà fortement impressionné avec ses deux premiers longs métrages Que Dios nos perdone (2016) et El Reino (2017) et les échos que j'ai eu du précédent sorti avant celui-ci...

Valeur sentimentale

Valeur sentimentale

5

Spectateur-Lambda

le 13 juil. 2025

Suivre

Critique de Valeur sentimentale par Spectateur-Lambda

Vu en avant première au cinéma Lumière Terreau dans le cadre de la sélection de films présentés au festival de Cannes 2025. Sortie salle en France août 2025.Parmi la sélection cannoise choisie par...