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le 14 nov. 2014
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[SP01LER ALERT] Matrix, c'est l'histoire d'Anderson (à ne pas confondre avec celui qui chante "Dreams are my reality", là c'est un autre dude, c'est dommage d'ailleurs, il aurait tout à fait sa place...
Deuxième volet de ma série "les films que tout le monde adule, mais pas moi", et là avec ce monument du cinéma populaire de ces vingt dernières années, je ne vais pas me faire des copains.
Je vais commencer par le thème central du film, même s'il développe d'autres axes narratifs, mais disons que le principal ressort de l'intrigue est le contrôle conscient ou pas de l'humanité par la technologie, les machines, les robots ou l'informatique.
Que d'encre versée alors pour nous expliquer que c'était une révolution, qu'enfin le cinéma posait la question de notre dépendance à la technologie et quelle sera la place de l'homme dans le futur etc. Attendez mais au hasard, Metropolis (1927), 2001, l odyssée de l espace (1968), Terminator (1984) ou le dérangeant mais fabuleux Vidéodrome (1983) pour ne citer que quelques exemples exploraient déjà ces thématiques avec des angles de développements et des prises de positions différentes, mais prétendre que c'est "Matrix" qui a initié ce cinéma c'est oublier quelques monuments du genre, et au passage l'année suivante David CRONENBERG nous livrera une proposition allant elle aussi creuser les sillons de ces thèmes avec une approche jusqu'au-boutiste et un résultat final à mon sens bien meilleur.
Donc non, ce premier argument en faveur de ce film ne tient pas, à la limite on pourra dire qu'il a été le film qui a initié une génération à ces questions, pas d'avantage et même là ce serait oublier toute une partie de l'animation japonaise, pour n'en citer qu'un représentant Katsuhiro OTOMO.
Penchons nous alors sur le thème à la fois secondaire de l'intrigue mais à la fois la colonne vertébrale de cette dernière, l'opposition entre réalité vécue, ressentie et réalité cachée. Des initiés qui résistent quand le reste de l'humanité ignore son sort, et qui à force d'abnégation et de sacrifices finissent par réveiller les consciences. Si ici le terme est abordé sous les aunes d'une approche métaphysique, celui du choix symbolisé par la pilule bleue ou rouge qui déterminera si le héros accèdera à une vérité douloureuse ou s'il campera dans un mensonge confortable, avec bien vite exposé le choix inverse qui libérera de cette vérité un des initiés, le film n'a là encore rien d'inédit, que ce soit en cinéma ou par d'autres médiums.
A la limite, si les deux axes de questions étaient traités avec un peu plus de finesse pourquoi pas.
La mise en scène et la direction artistique, je crois que jamais un film n'avait autant déchainé les passions à propos de ses effets et de son iconographie, je suis désolé mais si un film ne tient que par l'utilisation d'effets grandiloquents, mais que l'essence même du film est bâclé ou traité comme un élément secondaire, j'appelle ça un spectacle distrayant, mais pas un grand film, qui lui requiert une alchimie plus subtile.
Toute l'histoire du cinéma est ponctuée de films qui marquent l'utilisation pour la première fois de techniques qui repoussent les limites de cet art. Le premier film parlant, le premier film en couleurs, les premières utilisations d'effets spéciaux numériques, les premières images de synthèses, et toutes ces évolutions parfois maladroites, ont permis à d'autres oeuvres d'exister. On aura du mal à dire la même chose des évolutions technologiques vues dans "Matrix" qui n'ont amené par la suite que des réflexions du style "ah tiens c'est un effet vu dans matrix" mais qui depuis a disparu pour n'exister désormais que de la temporalité du film d'où elles sont issues. Il sera difficile de lui octroyer un quelconque apport au cinéma à ce niveau quand l'histoire future se penchera dessus.
Alors oui, je lui concède une personnalité propre et une esthétique formelle unique et inimitable et sans doute à t-il libéré les départements artistiques des studios. Est-ce pour autant le film culte et essentiel qu'on prétend ?
Allez j'aime bien les méchants, les "monsieur smith", je les trouve originaux dans leur délire et ce qu'ils représentent, mais tout ceci est bien faible à mon sens pour placer ce film sur le piédestal où on l'a mis.
Je ne vais pas m'attarder sur les acteurs, qui font le job, mais sans plus, ni sur les navrantes suites pour lesquelles je retiens deux choses, le jeu cabotin et ampoulé de Lambert WILSON que je pourrais trouver drôle si j'étais sûr qu'il voulait de la sorte nous signifier le peu de cas et de sérieux qu'il concédait à cette aventure, mais hélas j'ai bien peur qu'il y croyait vraiment et qu'il était à fond, et je retiens aussi la bataille finale, la plus longue et la plus ennuyeuse de l'histoire du cinéma. Aucune empathie avec des héros qu'on subit depuis plus de six heures, et une impression visuelle de gros dégueulis qui ne sait tellement pas comment s'arrêter qu'il balance tout dans un dernier sursaut épuisant.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Ma collection personnelle par ordre chronologique, Les meilleurs films de 1999, Les meilleurs films avec Keanu Reeves, Les meilleurs films de science-fiction des années 1990 et Les meilleurs films des Wachowski
Créée
le 4 oct. 2022
Critique lue 29 fois
7
le 14 nov. 2014
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