Comme 2001, A bout de souffle ou Star Wars, Matrix fait partie de ces films bornes, à la fois synthèse de son époque, intégrant toutes les influences pop des années 90, du cinéma asiatique aux jeux vidéo en passant par les inquiétudes existentielles de la fin du millénaire, mais aussi choc esthétique et thématique posant clairement un avant et un après, en révolutionnant les imaginaires et la grammaire cinématographique, tout en établissant ce que seront les angoisses des années 2000. Et au fur et à mesure du temps des visionnages, le film qui n'a pas encore sombré dans le verbiage cryptique de ses suites, gagne en clarté narrative sans perdre sa profondeur ni son émerveillement visuel.