Mausoleum
4.5
Mausoleum

Film de Michael Dugan (1983)

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La possession démoniaque était à la mode au début des années 80 et on a vu fleurir tout un tas de bobines horrifiques bon marché sur le sujet. Parmi celles-ci, on retrouve un certain Mausoleum, en partie financé par Michael Franzese et de ses associés de la mafia Colombo, marquant pour le coup ses débuts dans l’industrie cinématographique. De là à dire que Mausoleum a été fait pour blanchir de l’argent, il n’y a qu’un pas. Mais blanchiment d’argent ou pas, le film a remporté le Prix Spécial du Jury au 13ème Festival du film de Science-Fiction et de Fantastique de Paris en décembre 1983, et même le prix de la meilleure actrice. Est-ce que cela signifie que Mausoleum est une petite pépite oubliée ? Non. Mais pour qui aime le cinéma d’horreur un peu ringard des années 80 et qui est nostalgique de cette époque, Mausoleum pourrait vous convenir sans aucun souci le temps d’une soirée.


Mausoleum manque parfois d’explications sur ce qu’il se passe, ce qui a pour effet de ne jamais effrayer le spectateur qui a parfois besoin qu’on lui pose les bases pour générer ensuite le frisson, ce qui n’est pas le cas ici. L’histoire est au final assez floue. Il y a un démon qui a possédé une jeune fille oui, plus tard elle tue des gens, oui, mais le reste est un peu décousu, avec un point culminant un peu boiteux. Néanmoins, il apporte sa petite pierre à l’édifice des films de possession avec son ambiance particulière assez réussie, du moins dans le genre petite série B horrifique qui ne paie pas de mine, même l’absence d’exorcisme ou de combat contre forces démoniaques ne joue pas forcément en faveur du film. Car oui, Mausoleum est un film modeste, modeste dans son budget qu’on imagine pas bien haut, et modeste dans ses ambitions également. Mais pourtant, on notera un gros effort au niveau des effets spéciaux pratiques mis en boite par le toujours excellent John Carl Butcher (From Beyond, Freddy 4) qui est d’ailleurs interviewé dans les bonus de l’édition blu-ray de Pulse Video sortie chez nous. Rien non plus d’exubérant ou de très fou, c’est kitch, mais néanmoins des effets et des maquillages qui raviront les amateurs de cinéma d’horreur un peu ringards de cette époque, en particulier ceux qui apprécient un minimum le gore. Non pas que le film soit très fourni à ce niveau-là, mais le strict minimum est respecté et de bien jolie manière, d’autant plus que les meurtres sont assez imaginatifs : lévitation avec déchirement de la cage thoracique, une paire de seins avec des visages qui dévorent la poitrine d’une victime, globe oculaire sorti de son orbite, explosion de tête, corps méchamment transpercé de part en part… Sincèrement, malgré le petit budget, l’argent semble avoir été utilisé à bon escient et l’ensemble est assez fun. Et puis époque oblige, il y a bien entendu un peu de boobs et un peu de sexe. Lactrice principale, Bobbie Bresse, a révélé que les producteurs avaient installé des gradins pour que les membres de l’équipe puissent assister au tournage de sa scène de sexe. Ah les années 80…


La mise en scène de Michael Dugan est assez soignée, avec un côté atmosphérique rappelant parfois le cinéma d’horreur des années 60 / première moitié des années 70. La photographie sait mettre en image les visions cauchemardesques que le film propose et l’ensemble est accompagné d’une bande soin sinistre qui renforce encore plus cet aspect. Certains cadrages sont très intéressants, comme lorsque Bobbie Bresse, semi-transformée, se balance dans la pénombre sur un rocking chair. Le jeu des acteurs est par contre clairement à côté de la plaque, au point de rendre parfois involontairement certaines scènes un peu humoristiques, à l’exception peut-être de Bobbie Bresee qui s’en sort honorablement puisqu’elle compense son jeu raté par sa faculté à se déshabiller sans problème devant la caméra. Ancienne bunny Playboy un jour, ancienne bunny Playboy toujours. Mais les personnages sont funs car ils sont tous un peu étranges ou ont un pet de travers, de la gouvernante qui parle toute seule au docteur qui semble faire référence à celui d’Halloween, en passant par le jardinier un peu trop préoccupé par son entrejambe. Ils ne sont pas non plus forcément aidés par l’écriture de leurs personnages qui sont souvent assez vides, ainsi que les dialogues qui n’apportent que rarement de la profondeur à quoi que ce soit. Mais au final, qu’importe, car il s’agit d’un film de possession et de monstre du début des années 80, il ne faut pas placer la barre très haut et juste se dire qu’on va regarder un spectacle un peu ringard mais néanmoins fun, et c’est ce qu’il est.


Mausoleum n’est pas une œuvre d’art subtile et sophistiquée, mais il n’en demeure pas moins un film divertissant, joyeusement ringard, qui regorge de scènes de meurtres funs de toutes sortes. Une bobine horrifique sympathique.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-mausoleum-de-michael-dugan-1983/

cherycok
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le 29 juin 2025

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