MAUVAISE GRAINE (12,9) (Claudio Caligari, ITA, 2016, 100min)
Cette chronique toxicomane désenchantée nous raconte l'histoire de deux amis d'enfance à travers leur vie quotidienne se résumant en une fête constante de bars en discothèques où ils consomment alcool sans concession et drogues qu'ils trafiquent également sans confession dans la ville d'Ostie en 1995. Claudio Caligari (décédé l'année dernière à la fin du montage de son film) venu du documentaire revient pour son dernier film à un parcours intimiste auscultant l'enfer de l'addiction. Sa mise en scène néoréaliste assez scolaire suit cette descente collée aux talons de ces italiens pour décrire ce tableau social de façon sincère, non sordide, parfois complaisant. Le scénario évite tout manichéisme se révèle plus retors que ce que le long bad trip nocturne pouvait laisser présager au premier abord, néanmoins la façon dont les antihéros nous sont présentés n'entraîne par une empathie et un intérêt certain à leur trajectoires inverses ce qui est dommageable car de la tendresse pour ces personnages, le réalisateur en est rempli. Malgré ses maladresses et quelques longueurs, cette œuvre posthume ne déraille pas grâce aux deux interprétations à fleur de peau, Alessandro Borghi (Suburra) et Luca Marinelli (La Grande Belezza), tous les deux hallucinants au cœur de cette amitié mélodramatique . Venez goûtez aux "playboys", ou à d'autres pilules semées au grès de "Mauvaise Graine". Sombre, irrévocable et trop classique.