Entre "Payne" d'écriture et "Max" de visuel...

N'ayant pas joué au jeu dont il est tiré, je n'aborderai pas l'aspect fidélité de l'adaptation ici et m'en tiendrai strictement aux tenants et aboutissants cinématographiques...

Facile et difficile de juger Max Payne. Objectivement, nombreuses des critiques presse, négatives, se tiennent même si elles sont somme toute assez excessives...

Le film de John MOORE est, certes, loin d'être une réussite à bien des égards. En effet, si on passe en revue un certain nombre de critères cinématographiques, Max Payne frôle la correctionnelle par l'accumulation de nombreux impairs et autres lacunes de poids!
Ainsi, il faut bien reconnaître que le scénario semble assez cliché, du moins il manque d'originalité, de profondeur et de développement. Il en va de même pour les personnages, à commencer par le personnage principal éponyme: Max Payne est un flic en quête de vengeance après avoir vécu un drame personnel effroyable. Pourquoi pas, à la condition expresse de donner une profondeur à la psychologie du personnage, ce qui n'est, on l'aura compris, pas le cas. Max Payne est trop lisse, trop lisse dans le sens où il est prévisible, attendu, sans véritable saveur et sans surprise. Et Mark WAHLBERG n'aide pas vraiment son personnage à mettre sur la pellicule ce qui a été oublié dans le script... De fait, on aurait pu attendre de WAHLBERG qu'il apporte par son jeu une certaine gravité et des émotions qui auraient pu suggérer une certaine complexité du personnage. Mais non, WAHLBERG est mono expressif (qui a dit "comme d'habitude"?!), faussement grave et froid en toute circonstance ; si encore, le scénario nous avait gratifié de scènes montrant un tournant psychologique, une sorte de genèse du personnage, cela n'aurait pas été un mal, mais de façon incompréhensible, même dans les quelques flashbacks antérieurs au drame, WAHLBERG joue son personnage exactement de la même façon... C'est gênant... Et donc fatalement, profondeur du personnage, 0 pointé.
Côté seconds rôles, ça va de mal en pis. Effectivement, on peut facilement imaginer que si le héros est déjà mal traité, les personnages gravitant autour de lui risquent de pâtir davantage. Si certains de ces personnages secondaires sont potentiellement intéressants et globalement correctement interprétés, ils sont si peu et si mal développés et exploités (pour certains) qu'on peine paradoxalement, in fine, à leur trouver un véritable intérêt...
Et hélas, les problèmes d'écriture ne s'arrêtent pas là: la narration est très attendue, voire maladroite une fois les séquences passées au montage.

Alors avec un constat aussi moyen (pas ne pas dire médiocre par moments), pourquoi accorder 6 étoiles sur 10? Parce que MOORE réalise un film visuellement très prenant et intéressant. Les mauvaises langues excessives diront que les inspirations visuelles sont nombreuses. Et alors? Sous prétexte que certaines choses ont été déjà faites, c'est formellement interdit de les refaire? C'est absurde!! Selon ce raisonnement, il faudrait bannir les 3/4 des films existants! Et puis, il faut vraiment être con pour reprocher de s'inspirer de choses réussies... Mieux vaut ça que l'inverse, non?!
Bref, toujours est-il que le rendu visuel est pratiquement irréprochable, très soigné de la photographie aux effets visuels en passant par le traitement des couleurs. Cela crée une atmosphère sombre, pesante et addictive, pour le coup très adaptée au sujet. L'œil est régulièrement flatté par les images et leur esthétique. Sans être époustouflant pour autant, c'est propre, c'est beau, c'est graphique! Le visuel, à mon sens, tient le film à lui seul. Certes, c'est léger, mais on est tellement habitué à des films (tous genres confondus) où le travail graphique, artistique et photographique est d'une banalité affligeante malgré des scénarii solides et des personnages aboutis, que Max Payne devient une petite bouffée d'originalité visuelle (par sa rareté à défaut de sa singularité) qui fait du bien! Et rien que pour ça, il mérite d'être sauvé du lynchage total.
Angelus
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le 9 févr. 2014

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