Raymond Bernard adapte pour l’écran une pièce à succès de Simon Gantillon écrite en 1924, dans laquelle Bella, une marchande de plaisirs, dans un quartier portuaire, souhaite rencontrer l’homme de sa vie. Ici, quand les cargos entrent au port après des mois passés en mer, les marins ne rêvent que de trouver un peu de réconfort. Un jour, Bella rencontre Jean, un charmant marin, qui tombe amoureux d’elle. Pas si éloigné du Pépé le moko de Julien Duvivier, Maya adopte un scénario relativement convenu – il y aura un autre bateau, un autre homme – et une direction très théâtrale. Mais le film n’est pas déplaisant pour autant. Il parvient à saisir la douce violence d’un lieu de passage mélancolique, nimbé d’illusions mais in fine assez sordide. La fin est terrible.