Yesss Man !
Jeff est dans la place.
Braaaaaaaa.
Braaaaaaaa.
7.7
Ils sont peu, les gars du tierquar, à faire décoller leur blaze jusqu’à Hollywood.
Encore moins à tutoyer les sommets, Laurence Fishburne, Mel Gibson, Gerard Butler, Mike Colter ou Jason Statham. Mais avec Jeff ils sont copains comme Copé (pardon comme cochon).
Fierté nationale, trajectoire internationale.
Le frérot a quitté le bendo, mais le bendo ne l’a jamais quitté.
Et avec Mayday, il assure encore le pilotage. Un film d’action solide, sans turbulences inutiles : ça avance, ça cogne et ça ne nous laisse pas le temps de consulter notre téléphone. La réalisation est maîtrisée, les scènes d’action sont efficaces et Gerard Butler fait du Gerard Butler — autrement dit, il sauve des gens en ayant constamment l’air d’avoir raté sa nuit.
Pas une révolution dans le cockpit, mais une série B musclée qui remplit parfaitement son plan de vol.
Jeff est dans la place.
Hollywood valide le passeport.
Braaaaaaaa.
Mais j’ai quand même un problème avec le film.
Après État des lieux et Ma 6-T va crack-er, pourquoi, Jean-François Richet, continuer à véhiculer des stéréotypes raciaux aussi fatigués ?
Pourquoi Mike Colter incarne-t-il forcément le prisonnier recherché depuis des années pour meurtre ? Pourquoi faut-il que le personnage asiatique soit celui qui répare l’avion — et encore, en suivant l’idée du mâle blanc ? Sérieusement, ces clichés commencent à sentir le kérosène éventé.
Le film n’aurait rien perdu de sa force si Gerard Butler avait joué le fugitif condamné pour meurtre et Mike Colter le pilote de ligne. Absolument rien. L’avion aurait décollé pareil, les balles auraient sifflé pareil et Hollywood aurait peut-être enfin changé de plan de vol.
Jean-François Richet est dans la place.
Les clichés aussi.
Et ça, sent nettement moins la fierté.