Je fais un 1m95. Je suis donc ce que l’on appelle communément “grand”. Oui, j'ai fait du basket à un moment de ma vie. Et quand t’es grand, il y a tout un tas de choses bien chiantes auxquelles les gens de taille “moyenne” ne pensent pas. Certes, je peux être un point de repère si je lève les bras dans une foule, je peux regarder par dessus les murs de jardin pour contempler les plantations des riverains, ou profiter d’un concert confortablement depuis la fosse. Mais c’est aussi un enfer d’être à l’arrière de la voiture sur de longues distances, de se retrouver dans le carré à quatre du TGV, de devoir cuisiner sur un plan de travail bien trop bas qui vient me briser le dos.
Et puis il y a la spéléologie. Non pas que je sois habituellement claustrophobe, mais la restriction de mes mouvements me met dans une peur panique (si vous voulez me faire parler, foutez moi une camisole). Tant et si bien qu’il m’arrive de paniquer dans un jeu vidéo si je me retrouve coincé dans une succession de salles dans lesquelles je tourne en rond sans parvenir à trouver la sortie, comme une bête en cage. Et la spéléo, il y a de ça. J’en ai fait une fois, à devoir ramper dans un conduit dans lequel il m’était impossible de faire autre chose qu’avancer en espérant ne pas me coincer. Pas long le conduit, à peine trois-quatre mètres. Mais suffisant pour me dire que plus jamais je ne me mettrais dans une telle situation. Le tube plastique de Fort Boyard, c’est sans moi.
Et donc, maintenant que tout cela est dit, quel est le lien avec Méandre? Eh bien le film de Mathieu Turi a réussi à provoquer en moi un mal à l’aise profond, une sensation flirtant désagréablement avec la panique. A de rares occasions, mais suffisamment pour que cela me marque. Alors même que The Descent n’avait pas su provoquer ce genre d’émotions chez moi (malgré que je le trouve bien plus terrifiant dans sa globalité).
Voilà. Et c’est à peu près la seule réussite de Méandre. Car sinon, ce film, je l’ai déjà vu trente-six fois.
Thématique du deuil traitée via une femme qui avait tout abandonné mais va affronter ses traumas pour retrouver l’envie de vivre par la survie : check.
Copier-coller de Cube dans des parallélépipèdes rectangles : check.
Turi n’apporte rien de neuf, et le léger sursaut d’intérêt qui survient à la moitié du film retombe aussi vite qu’il est arrivé pour continuer dans l’ennui de la platitude.
Faites comme Lisa, fuyez.