Au début, Méandre donne l’impression d’être un simple film de survie ou d’horreur.
Et puis, au fil des minutes…
On se rend compte que ce n’est pas seulement ça.
C’est aussi un film qui parle de la culpabilité, du deuil, de l’acceptation et de la volonté de continuer à vivre. C’est justement ce qui le rend aussi atypique.
J’aime beaucoup le concept.
Prendre un personnage et l’enfermer dans un réseau de tunnels où chaque erreur peut être fatale est une idée simple… mais redoutablement efficace.
Le film crée une véritable angoisse.
Moi sui suis clostro sa ma vraiment mis en mode anxiogène.
On ne sait jamais ce qui nous attend derrière le prochain conduit, combien de temps il reste, ni même qui a construit cet endroit.
Cette incertitude fonctionne à merveille.
Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est qu’il existe plusieurs lectures du film.
La première est la plus évidente : une femme tente simplement de survivre.
La seconde est beaucoup plus symbolique.
Chaque tunnel ressemble à une étape de son combat intérieur. Chaque épreuve l’oblige à affronter une partie d’elle-même. À mesure qu’elle progresse physiquement, elle avance également sur le plan psychologique. Je ne pense pas que ce soit un hasard.
Et cette fin…
Sans trop spoiler pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, certains la prennent au premier degré.
D’autres y voient une métaphore du passage entre la culpabilité et l’acceptation.
Pour ma part, j’ai une autre théorie.
⚠️ Attention, spoilers :
Je pense qu’elle est morte dès le début, au moment où l’homme l’agresse au couteau. Une entité extraterrestre sauverait alors son âme et l’emmènerait avec elle, comme elle semble le faire avec de nombreuses autres personnes si l’on en croit le nombre de cadavres présents dans le tunnel.
Ce gigantesque labyrinthe représenterait alors une sorte de purgatoire. Non pas un lieu de punition, mais une épreuve, une sélection.
Ceux qui survivent grâce à une force mentale exceptionnelle obtiennent une seconde chance. Leur âme est choisie et rejoint le monde de ces entités, une forme de paradis selon leurs propres croyances.
À l’inverse, ceux qui échouent à une seule des épreuves perdent définitivement cette opportunité. Leur âme disparaît et leur mort devient définitive dans le monde des humains.
C’est cette lecture qui m’a particulièrement marqué.
Le film est, selon moi, rempli de métaphores, et c’est précisément ce que j’ai adoré.
Une dernière chose m’a également beaucoup plu.
Ces entités, ou extraterrestres, ne me paraissent pas foncièrement mauvaises. Elles possèdent simplement leur propre vision de la vie, de la mort et de l’âme. Elles accordent davantage d’importance à l’existence spirituelle qu’au corps physique.
Nous, humains, avons nos propres règles et notre propre conception de la mort. Eux ont les leurs.
Ils ne cherchent donc pas à punir les humains. Ils appliquent simplement leurs propres critères afin de déterminer quelles âmes sont dignes de rejoindre leur civilisation et lesquelles poursuivront leur destin jusqu’à une mort définitive.
Je trouve cette idée particulièrement fascinante.
Je trouve Méandre extrêmement intelligent. En lisant certaines critiques, j’ai eu le sentiment que beaucoup de spectateurs étaient restés au premier degré et étaient passés à côté de la sensibilité du film ainsi que des nombreuses métaphores qu’il utilise pour nous faire réfléchir.
Pour moi, c’est bien plus qu’un simple film de survie.