James Benning ou l'Art de voir avec ses propres yeux ; James Benning ou comment renouer avec l'imperceptible ; James Benning ou la mesure du changement : cette éternelle certitude que rien ne dure mais que tout - en cet amoncellement chronique de photogrammes - reste et s'imprime en notre for intérieur. Measuring Change, se sachant gré d'un titre programmatique essentiellement éloquent, saisit l'humeur atemporelle d'un landscape aux mouvements micro-variables : deux plans-séquence fixes d'une trentaine de minutes chacun, deux moments arbitrairement choisis par Benning créant l'effet de deux temporalités clairement divisées, séparées, ni tout à fait mêmes, ni tout à fait autres.
Le court long métrage benningien accueille les humeurs venteuses, re-structure le temps en avançant avec une pondérance, une linéarité nette, propre, impeccable. A la croisée de l'Art photographique et du cinématographe il redéfinit la notion même de plan : deux longues vues d'ensemble permettant la promenade du regard mis à nu du spectateur, du contemplateur, de l'étant. Measuring Change est une seule et unique situation multipliée par deux instants eux-mêmes cumulatifs en termes de secondes et de minutes. La rémanence, la maturation visuelle de l'Art numéro 7 possède un nom : James Benning. Superbe.