5
le 11 juil. 2012
SuivreLe nombril de Lars
Comme souvent, il est difficile d'émettre un avis valide sur un film qui a été tant commenté, et qui a conquis dès sa sortie une très grande notoriété auprès du public cinéphile, y compris parmi ceux...
La beauté visuelle de ce film est si marquante que je pense qu'elle me travaillera sur ces prochaines semaines et mois. Malgré la dureté du sujet traité, on ne peut que souligner la beauté des paysages et de la lumière. Les plans ont une esthétique unique et le choix de la musique vient parachever cette œuvre car Wagner a une puissance romantique. Tout est doux, luxueux, doré et bleuté voire bleuâtre mais pourtant si malaisant et froid. Le film a d'autres contradictions, si lent à certains moments mais si agité et nerveux dans la manière de montrer les choses.
Trier nous présente dans sa première partie un monde qui devrait être parfait (mariage luxueux, mari aimant) mais Justine (personnage principal) est incapable d'aimer, elle est inapte au bonheur car touchée par la dépression. Elle a cette capacité de tout faire capoter. A certains moments, on aurait pu penser qu'elle était heureuse mais à chaque fois ses actions, même involontaires, prouvent le contraire. C'est notamment le cas quand les mariés parlent de leur futur terrain, acheté la veille par le mari et qui lui donne la photo de ce terrain ; romantiquement, elle s'engage à garder cette photo toujours sur elle mais lorsqu'elle quitte la pièce, on voit que la photo est restée sur le canapé. Une question m'est venue durant le film et m'a taraudée : certains individus sont-ils réellement inaptes au bonheur et si oui, les causes sont-elles culturelles, génétiques ou bien sociales ? Étant déterministe, j'avais tendance à penser que nous sommes déterminés, et ce en priorité par notre culture, à différentes échelles (etnie, religion, pays, époque, famille aimante ou non et bien sûr le milieu social). La question reste encore ouverte pour moi mais ce film va dans le sens de mon intuition, à savoir que certaines personnes sont incapables de ressentir le plaisir et la joie, ce dans tous les aspects de la vie, que cela est ancré dans leur biologie. Je ne me fais pas encore tout à fait à cette idée d'ailleurs, elle reste encore à travailler. En tout cas, le jeu de Kirsten Dunst est bouleversant de vérité, on voit que son état est incurable, sa dépression est profonde. La scène dans laquelle sa sœur tente de lui faire prendre un bain est particulièrement humiliante et révélatrice. Nue, tenue comme une enfant, elle n'arrive tout simplement pas à mettre son pied dans l'eau. Simple mais efficace.
Aussi, les références à l'histoire de l'art sont nombreuses et en tant qu'amatrice j'ai adoré voir à plusieurs reprises Chasseurs dans la neige de Bruegel, une peinture qui se lie bien à l'esthétique du film et des paysages à mon sens. On note aussi Le Baiser de Klimt et bien évidemment Ophélie de Millais. Sur ce dernier point, bravo à la personne qui a réalisé l'affiche, une de mes préférées de l'histoire du cinéma et qui retranscrit à merveille l'atmosphère du film.
Enfin, le plan final est magnifique.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes dérangeants et fascinants (films) et Films vus en 2026
Créée
le 23 avr. 2026
Critique lue 6 fois
5
le 11 juil. 2012
SuivreComme souvent, il est difficile d'émettre un avis valide sur un film qui a été tant commenté, et qui a conquis dès sa sortie une très grande notoriété auprès du public cinéphile, y compris parmi ceux...
10
le 14 août 2011
SuivreJusqu'à présent, nous n'avions vécu la fin du monde au cinéma qu'à travers un nombre incalculable de films catastrophe, souvent outrancièrement spectaculaires, presque toujours issus des studios...
8
le 19 août 2015
SuivreDeux sœurs, deux corps célestes, deux parties jointes par une introduction qui officie également comme conclusion. Melancholia est un film circulaire, où les lentes rotations des planètes et les...
8
le 23 avr. 2026
SuivreLa beauté visuelle de ce film est si marquante que je pense qu'elle me travaillera sur ces prochaines semaines et mois. Malgré la dureté du sujet traité, on ne peut que souligner la beauté des...
7
hier
SuivreJ'adore les jeux d'images, de miroirs et de sons chez Tati.
3
le 8 août 2026
SuivreSensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème