Je ne sais pas pourquoi mon esprit s'entête à penser que Tree of Life et ce film sont liés

J’entame la filmographie de LVT par son film le plus connu, et je dois l’avouer : he knows ball.


On a ici un vrai film sur la dépression, interprétée par des reines d’actrice et dégageant une émotion vraie et subtile, nous offrant une réelle expérience cinématographique. Ces premières minutes de plans quasi fixes, lents, d’une beauté savoureuse nous laisse déjà entre ouvrir la fin, on sait qu’on va finir dans le mal. Puis après cet incipit, nous n’aurons le droit qu’à des plans caméra épaule, qui bougent beaucoup, qui ne se posent jamais.


L’une des réussites de ce film, c’est d’avoir réussi à faire passer un mariage, l’évènement le plus joyeux sur Terre, en une 1h exaspérante et maussade, car les personnes conviées peuvent bien montrer leur bonne posture, on se rend compte bien vite que ce sont tous des parfaits exemples d’une société minable, tous aussi pourris les uns que les autres, le père lâche, la mère râleuse et rabat-joie, le beau-frère matérialiste, le patron hypocrite… Même les deux mariés sont relous, l’un avec son discours banal niais et l’autre qui va prendre son p’tit bain en plein milieu de son mariage. C’est dans cette partie que le réalisateur arrive à nous retranscrire parfaitement la dépression de Justine, ce vide en son intérieur. La scène de nuit de noce est terrible, d’habitude c’est le rêve, l’apogée d’une soirée mémorable, ici tu passes juste un mauvais moment même pas envoûtant.


La relation entre ces deux sœurs est sublime, le duo est explosif : une déprimée à la mort et une autre sur angoissée, forcément que ça va horriblement ensemble. Surtout que j’aime beaucoup la façon dont les choses s’inversent : au départ, Claire est énergique, montre un vrai sens de la force, tandis que Justine est vide, le néant, incapable de se projeter puis à l’aube de la catastrophe melancholiesque (tel est le mot adéquat), la tendance s’inverse : Justine est dans une position bien plus confortable, puisque la dépression te permet de ne plus craindre le trépas, tu es déjà mort à l’intérieur, ton propre effondrement te guette alors que Claire fond en larmes, son angoisse poussée à bout.


L’approche de la fin du monde passe ici par du sublime, du terrifiant, une certaine audace contrairement à tous ceux du même genre américains qui se veulent outrageusement spectaculaire, c’est formidable d’avoir un film intimiste sur cette fin du monde apocalyptique surtout que la dimension fantastique de l’œuvre est jolie à voir, le contraste est parfait, grandiose. Le rythme est très bien, pas de musiques grandiloquentes pour nous soutirer la larme, juste du bon vieux Wagner pour compléter cette œuvre d’art poignante.


Lars joue avec nos nerfs, en rapprochant la planète, puis l’éloignant, puis la rapprochant encore, il alterne entre moments de calme avec panique pour nous servir à la fin un superbe plan, une Justine calme car elle va être libérée de sa maladie et Claire en pleurs face à cette surdose d’angoisse.


Melancholia, cette planète bleue qui renvoie instantanément à la maladie et au mal-être représente ces deux personnages en déclin, leur effondrement moral, elle est aussi ce qui va plonger encore plus dans la mélancolie Justine. D’une beauté sur réaliste, ce pari de science-fiction intimiste poétique est réussi.



Vendavon
8
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il y a 6 jours

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