Ça commence comme du Malick et ça finit comme du BHL
Moi qui suis loin de vouer un culte à Lars von Trier, je dois avouer que la première moitié du film m'a agréablement surpris. Après un préambule poétique et évocateur suit un mariage filmé comme une œuvre d'épouvante, où la dépression de Justine (la mariée, donc, jouée par Kirsten Dunst) remplace ce monstre qui, d'aperçus fugaces en visions fugitives, installe inexorablement une présence de plus en plus angoissante à mesure que ses victimes s'accumulent.
Malheureusement, "subtilité" semble désespérément absent du vocabulaire de von Trier. De même qu'"humilité" d'ailleurs. À l'image du morceau de Wagner qui revient une fois, puis deux puis trois fois de trop, les thèmes du film sont ressassés jusqu'à l'écœurement par un réalisateur exagérément fier de ses tours. Face à tant de maniérisme, le spectateur sent bien qu'on attend de lui qu'il crie au génie, mais ce sont plutôt les bâillements qui viennent, tempérés par l'exaspération que provoque la vanité du maître d'œuvre.
Tout n'est pas à jeter cependant : la photographie est magnifique, bien que bêtement gâchée par la caméra tressautante, et surtout les acteurs, Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg en tête, livrent tous une performance remarquable. Mais cela ne suffit pas pour faire le chef d'œuvre annoncé par la critique.