Gros succès en salles en 2019 avant les mesures sanitaires et jamais battu depuis, « Menteur » appelait forcément une suite… Et là voici avec l’un des personnages secondaires du premier film qui prend le premier rôle. Un premier rôle au féminin cette fois puisque cette suite s’intitule « Menteuse ». Le principe est le même: un personnage menteur pathologique voit tous ses mensonges se réaliser à cause d’un maléfice tibétain ancestral. Sauf que cette fois, les personnages savent comment défaire le sort mais que la menteuse carbure aux mensonges puissance dix! Et le film de déployer son postulat comique implacable avec autant d’assurance que le premier film avec plus ou moins les mêmes défauts et qualités.
On retrouve ici la même mise en scène peu inspirée du réalisateur à succès Émile Gaudreault, sorte de Jean-Marie Poiré québécois au niveau formel. Comme si le fait d’être dans la grosse comédie populaire dispensait le réalisateur de tout devoir formel. Il y a un défaut plus prégnant encore que dans le premier film ici: le côté magique (voire science-fictionnel) prend ici trop de place notamment dans le final comme si l’absurdité assumée de l’intrigue avait besoin d’être vulgarisée et expliquée absolument. À noter également que « Menteuse » semble parfois confondre rythme et précipitation, le long-métrage ne laissant aucune minute de répit. Un peu éreintant sur la fin. Enfin, quelques gags bien lourds tombent à un plat et sont parfois gênants comme celui qui voit la famille de l’héroïne pleurer et parler en même temps en mode charabia.
Malgré ces écueils forts ressemblants au premier, « Menteuse » est franchement drôle si on est fan de ce type d’humour assez gras. On ne compte pas les fous rires et les idées de mensonges et leur mise en scène sont vraiment bien vues. De la nunuche à la woke en passant par les colons, on a droit à un véritable festival de bonnes blagues, de comique de situation renversant, de répliques qui claquent et de quiproquos en série réjouissants. Les seconds rôles sont savoureux et le duo Antoine Bertrand / Anne-Élisabeth Bossé se régale et nous régale. Un moment de rires et de détente parfois un peu gras mais qui réussit son pari!
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