Second long-métrage du gallois Gareth Evans après "Footsteps", "Merantau" lui permet de mettre en vedette le pencak-silat, art martial indonésien qu'il a déjà abordé par l'intermédiaire d'un documentaire.
Avec pour objectif de mettre en valeur la spiritualité entourant ce sport, Gareth Evans se repose malheureusement sur une trame extrêmement convenue, narrant les mésaventures prévisibles d'un jeune provincial sans le sou aux prises avec de vilains proxénètes venant d'une grande ville où règnent forcément le vice et le péché.
Souffrant également d'une interprétation calamiteuse, "Merantau" se rattrape heureusement dans l'énergie presque adolescente de sa mise en scène, notamment lors des nombreux combats du film, principal atout d'une bande sentant bon la série B des 80's, couleurs bariolées et néons à l'appui.
Oui, cent fois oui, le scénar de "Merantau" semble avoir été rédigé par des mômes de onze ans fans de "Ong-Bak" et vous aurez assurément envie de jouer de la zapette. Mais fichtre, on s'en branle la nouille, tant les séquences mettant en lumière les prouesses physiques de son cast (où même les méchants blancs savent effectuer correctement un high kick, un exploit !) valent leur pesant d'or, moments de pure grâce brutale et sanguinaire parfaitement captés par la caméra de Gareth Evans.
Construit comme un véritable beat'em all, "Merantau" vaut forcément bien plus pour ses splendides échanges physiques que pour son script rachitique mais reste incroyablement fun, annonçant la petite bombe que sera quelques temps plus tard "The raid".