Une image : Mika (Isabelle Huppert) fait un plaid au crochet en forme de toile d'araignée. alors qu'une intruse (Anna Mouglalis) vient menacer l'équilibre familial
Une phrase : "faut sauver les apparences, y a que ça qui compte" dite par une Mika toujours bien élevée, polie, tellement qu'elle en devient inquiétante.
deux mystères du passé :
un échange possible entre deux bébés au moment de leur naissance.
La mort mystérieuse de la première femme d'André (Jacques Dutronc).
Une boisson : un chocolat chaud et ce mystère d'aujourd'hui : Pourquoi Mika mettrait des somnifères dans le breuvage de son beau-fils - le chocolat (puis le café) devenant chez Chabrol aussi menaçant que le lait d'Hitchcock et de Soupçon.
Avec ces quelques éléments, Claude Chabrol arrive à créer un suspense insidieux, latent, dans un huis clos familial où justement la question de ses propres origines et des liens familiaux devient le sujet central, obsessionnel, qui peut dévorer tout le reste. En creux, le cinéaste dessine le portrait d'une psychopathe à sang froid, sorte d'araignée (restons sur l'image de toile) qui endort son monde (au sens propre et figuré) et qui élimine ceux qui se rapprochent trop près de son homme - la famille qu'elle s'est créée. Chabrol n'explique pas les causes de ce désordre mental (si ce n'est que Mika, orpheline, a été adoptée ; juste une pierre semée et qui devient matière à réflexion) et c'est finalement encore plus effrayant, avec cette question non résolue comment devient-on un monstre ? Effrayant d'autant plus par une fin suspendue dont le plan long sur Isabelle Huppert nous laisse impuissant face à cette non -réponse et l'impossibilité de ce qui va se passer ensuite.