Audrey,une trentenaire partie faire carrière au Canada vient passer quelques jours chez ses parents,dans une maison de bord de mer près de Bordeaux.L'ambiance est tendue car sa mère,Martine,qui est médecin,est une femme dure,froide et revêche dont Audrey quête désespérément l'amour.Ceci est dû au traumatisme subi par Martine dont la mère,Louise,est partie autrefois en abandonnant maison,mari et enfants,sans plus jamais donner de nouvelles.Audrey,fascinée par la figure de cette grand-mère qu'elle n'a pas connue,se met à enquêter sur la vie et la disparition de cette femme mystérieuse,au grand dam de sa mère qui a refoulé son histoire au plus profond d'elle-même,et va mettre au jour de sombres secrets de famille.Le film est émaillé de flashbacks qui,au gré des découvertes d'Audrey,nous dévoilent la vie suffocante de Louise,femme au foyer étouffée par l'autorité de son mari et le poids des convenances en cours dans les années 50.Julie Lopes-Curval,fille du scénariste Philippe Lopes-Curval,est une réalisatrice médiocre.Fort heureusement,elle a le bon goût de ne pas trop tourner,ne donnant que quatre long-métrages pour le cinéma en quinze ans.Les sujets qu'elle traite ne sont pas inintéressants mais son film,plat,languide,bercé par une musique soporifique et digne d'un téléfilm pour France 3 Aquitaine,est d'un ennui colossal.Dommage car il y avait de quoi faire avec les différents thèmes évoqués.L'évolution de la condition féminine au fil des décennies par exemple.De Louise,le modèle fifties,soumise au patriarcat,jusqu'à la contemporaine et très libre Audrey,enceinte et pas sûre de vouloir garder le bébé,en passant par la psychorigide Martine,issue de la première génération de femmes émancipées,celle des années 70.Et puis il est surtout question de féminisme,ce qui ne surprend guère concernant un film dont la réalisatrice-scénariste et les trois vedettes sont des femmes.Un féminisme qui a énormément fait évoluer les rapports entre les sexes,les femmes passant de la soumission aux hommes trop forts d'autrefois à l'égalité,voire la domination,face aux hommes trop faibles d'aujourd'hui,sans paraître en être plus heureuses pour autant.Car certes le féminisme a été un mouvement utile et légitime,mais il est ensuite allé trop loin et a provoqué une déstructuration de la psyché masculine dont les femmes finissent par souffrir.Ce que le film démontre clairement sans que ça semble vraiment volontaire.Une belle distribution a été réunie mais les comédiens sont dans l'ensemble mal castés et peu motivés,à commencer par une Catherine Deneuve peu crédible et totalement à côté de la plaque.Seule Marina Hands,à la beauté si singulière,se démène et fait exister son personnage de jeune femme paumée mais déterminée à sortir de l'ornière.Et il y a le toujours magique Jean-Philippe Ecoffey,la Rolls des seconds rôles.