Essayer de retracer l’histoire de sa famille pour comprendre son propre parcours n’est pas un exercice inédit. Cependant, lorsque le point de départ de cette réflexion est la suspicion que ses grand-parents travaillaient pour le renseignement soviétique, cela suscite un intérêt indéniable. Nés en Russie en 1959 et 1969, les frères Léon vont alors revenir sur les pas de Kostia et Lily, Russes blancs émigrés en France dans les années 1920 et expulsés en URSS en 1948. Mais plutôt que d’essayer de comprendre la grande histoire avec la petite, les deux réalisateurs français s’attellent plutôt à un petit voyage intime au cœur de la Volga où leurs aïeuls avaient déménagé pendant les années 1950. Mis à part quelques carnets et photos retrouvés dans de vieilles valises, le travail d’archives est absent du documentaire pour laisser la place à une touchante mais vaine quête de vérité, ponctuée de quelques discussions mélancoliques, que seuls les témoignages de babouchkas nostalgiques corroborent partiellement. S’ensuit une tentative fastidieuse de démêler le faux du moins faux, entravée par l’administration de la Russie poutinienne, qui laisse un décevant goût d’inachevé.